COMORELP – Se former tout au long de la vie : les pratiques innovantes dans le secteur de la formation professionnelle en Auvergne-Rhône-Alpes.

Le projet COMORELP vise à améliorer notre compréhension et nos outils de comparaison des politiques et pratiques existantes en matière de formation professionnelle. L’approche de la région française d’Auvergne-Rhône-Alpes se concentre notamment sur la « formation tout au long de la vie ». En effet, la région montre un fort intérêt pour la formation professionnelle et, alors qu’elle compte plus de 350 000 étudiants, elle a également dépassé les 81 000 apprentis en 2021. En tant que partenaire basé en Auvergne-Rhône-Alpes, le FREREF a eu l’occasion d’examiner de plus près certaines initiatives innovantesdans la région, pertinentes pour COMORELP.

Tuteur∙ice∙s de formation au sein des entreprises – IUT Lyon 2

Afin de mieux accompagner les étudiant∙e∙s durant leur période au sein de l’entreprise, l’IUT propose des sessions de formation pour leur tuteur∙ice∙s en entreprise. Durant cette formation, les tuteur∙ice∙s ont l’opportunité de rencontrer l’équipe pédagogique et de partager leur expérience avec d’autres tuteurs en petits groupes, et ils sont formés pour évaluer les compétences développées par leurs étudiants. Cela permet de reconnaître les compétences développées par les tuteurs, qui accomplissent une tâche supplémentaire en gérant les étudiants.

7300 contrats d’alternance ont été signés depuis la création de l’IUT en 1992, ce qui signifie qu’autant de tuteurs ont été accompagnés.

Le système de l’alternance est toujours centré sur les étudiants et il est assez rare que les tuteurs en entreprise aient l’occasion de réfléchir et de discuter de la manière dont les étudiants apprennent et de ce qu’ils retirent de cette expérience. Cette initiative permet d’avoir une meilleure compréhension commune sur l’évaluation des compétences développées par l’étudiant. C’est aussi une opportunité pour les personnes en poste de retourner à l’école et cela peut leur donner l’envie de rejoindre un autre programme de formation et de vivre une expérience d’apprentissage tout au long de la vie.

Le facteur de succès le plus important de cette initiative repose sur la capacité à créer des liens solides entre l’école et l’entreprise afin d’instaurer la confiance mutuelle qui permettra à la formation des tuteurs d’avoir lieu.

NUUM Factory – Centre de formation digitale

La NUUM Factory est une école numérique, offrant des qualifications de niveau 6 à 7 du CEC, créée par le syndicat des entreprises et ciblant les étudiants de l’enseignement supérieur qui travailleront en alternance. Sur la base de ces parties prenantes, le contenu et le programme de l’école sont fortement liés aux préoccupations des entreprises.

Le lien fort avec les entreprises, qui sont membres du conseil d’administration et participent à la conception du cursus sur le sujet crucial de la transformation numérique, confère à l’école un rôle clé dans la formation des nouveaux salariés des TPE, PME et entreprises de taille intermédiaire du territoire.

L’école intégrera bientôt l’ancien Hôtel de Région Rhône-Alpes, puisque la région soutient également l’école. Le coût du programme reste une limite à l’égalité d’accès à cette opportunité même si, dans certains cas, l’entreprise dans laquelle les étudiants effectueront leur alternance en paie une partie.

Le facteur de succès de cette école est le fait que les entreprises travaillent ensemble pour créer leur propre école afin de les aider dans la transition numérique, et que celles-ci jouent un rôle important dans la conception du contenu des cours.

Promo 16-18 AFPA (Agence pour la Formation Professionnelle des Adultes)

Ce programme, géré par des organismes d’insertion tels que les agences locales pour la jeunesse et les agences pour l’emploi, est financé par des fonds publics depuis 2022 et est toujours en cours dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il vise à proposer aux NEETs (personnes qui ne sont ni dans l’éducation, ni dans l’emploi, ni dans la formation) âgés de 16 à 18 ans un programme de formation de 4 mois afin de développer leur confiance en soi et de les aider à trouver leur propre voie.

Les jeunes sont pris en charge (ils bénéficient d’un déjeuner gratuit, du transport gratuit vers le centre de formation et ne perdent aucune autre allocation) et peuvent tester différents métiers, travailler sur leur parcours personnel et préparer l’épreuve théorique du permis de conduire pendant 13 semaines.

Le programme Promo 16-18 parvient à ramener certains NEETs vers un parcours institutionnel qui les aidera à trouver un programme de qualification ou un emploi. Ce programme peut également être considéré comme la première étape d’un processus de reconnexion avec les institutions, qui ont du mal à atteindre les NEETs. D’une part, ce programme est très qualitatif et ceux qui en bénéficient reçoivent un soutien constant, mais d’autre part, les moyens de fournir ce soutien peuvent limiter le nombre de personnes bénéficiant du programme.

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Lifelong training: innovative practices in the vocational training sector in Auvergne-Rhône-Alpes.

The COMORELP project aims to improve our understanding and benchmarking of existing vocational education policies and practices. The approach of the French region of Auvergne-Rhône-Alpes is characterised by a focus on “formation tout au long the la vie”, namely lifelong training. Indeed, the region shows a strong interest in vocational training: in fact, while the region counts more than 350 000 students, it also reached more than 81 000 apprentices in 2021. As a partner operating in Auvergne-Rhône-Alpes, FREREF had the opportunity to examine more closely some initiatives in the region which are relevant for COMORELP.

In-company tutor training by IUT Lyon 2

In order to better accompany the students during their in-company period, the IUT propose a training session for their in-company tutor. During this one-day session, tutors have the opportunity to meet the full pedagogical team and share their experience with other tutors in smaller groups, and they are trained to evaluate the competences developed by their students. This helps to recognise the competences developed by the tutors as they are achieving an extra task by managing the students.

7300 alternance contracts were signed since the creation of the IUT in 1992, meaning that as many tutors were accompanied.

The dual system always focuses on students, and it is quite rare that in-company tutors have the opportunity to reflect on and to discuss how the students are learning and what they are learning with this experience. This initiative allows to have a better common understanding on the evaluation of the competences developed by the student. It is also an opportunity for in-job persons to go back to the school and may give them the willingness to join another training program and experience a lifelong learning experience.

The most important success factor of this initiative relies in the ability to create strong links between the school and the company in order to install the mutual confidence that will allow the tutors’ training to happen.

 

NUUM Factory – Digital training centre

The NUUM Factory is a digital school, providing qualifications from EQF level 6 to 7, created by the companies union and targeting Higher Education students who will work in dual learning. Based on these stakeholders, the content and programme of the school are strongly related to companies concerns.

The strong link with companies, which are board members and are involved in the cursus design on the crucial topic of digital transformation, gives the school a key role in the training of new employees for very small-, small- and intermediate-size companies of the territory.

The school will soon integrate the former Hôtel de Région Rhône-Alpes, as the region is also supporting the school. The cost of the programme remains a limit regarding equal access to this opportunity, even though in some cases the company in which the students will make their alternance is paying for part of it.

The success factor of this school is the fact that companies work together to create their own school to help them in the digital transition, and that they play a in important part in the design of the content of the courses.

Promo 16-18 AFPA (Agency for Adult Vocational Training)

This programme, run by insertion bodies such as local youth agencies and employment agencies, is publicly funded since 2022 and is still running in the Auvergne-Rhône-Alpes region. It aims at providing NEETs (persons which are Nor in Education, Employments or Training) between 16 and 18 years old with a 4-months training programme in order to foster their self-confidence and help them to find their own pathway.

Young people are taken in charge (they have free lunch, free transport to the training centre, and they do not lose any other allocations) and they can test different jobs, work on their personal pathway and prepare the theoretical part of the driving license during 13 weeks.

The Promo 16-18 programme manages to bring some NEETs back to an institutional path that will help them to find a qualification programme or a job. This can also be seen as the first step into a process of reconnecting with institutions, which find it difficult to reach NEETs. On the one hand, this programme is very qualitative and those who benefit from it receive consistent support, but on the other hand, the means to provide this support can limit the of number of people benefiting from the programme.

FREREF DAY 2022 : 24 et 25 Mai – Bruxelles – Les régions et l’Europe accompagnent les transitions

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L’Europe à la relance : Next Generation EU et ALMA

La crise du COVID est venue perturber un peu plus les institutions européennes déjà en prise avec la gestion du BREXIT et les atermoiements des pays du groupe de Visegràd sur la souveraineté européenne.

La jeunesse européenne a été particulièrement touchée par cette crise : les confinements successifs ont profondément impacté les études et les formations de nombreux jeunes européens. Une jeunesse qui s’interroge, et surtout agit pour mettre en œuvre les transitions indispensables qui rendront nos sociétés plus durables, qui est à la recherche des réponses que doivent leur apporter les institutions.

Ces transitions sont d’abord sociétales : autour de la question du numérique, de l’enjeu climatique et dans la mise en œuvre d’une société plus inclusive.

Dès le mois de juillet 2020, un plan de relance intitulé Next Génération EU doté de 750 milliards d’Euros était validé par les Etats Membres, intégrant l’ensemble de ces questions.

Mais ces transitons intègrent également une dimension personnelle : la question de l’orientation est au cœur de la réflexion de nombreux citoyens qui ont eu l’occasion lors des différents confinements d’interroger leur parcours professionnel, personnel et d’envisager des reconversions vers des métiers faisant mieux sens pour eux. Dans cette situation, la mobilité devient un enjeu qui dépasse le programme Erasmus+.

Dans son discours sur l’état de l’union, la présidente de la Commission Européenne Ursula von der Leyen a annoncé la création d’un nouveau programme ALMA pour favoriser la mobilité européenne des jeunes NEETS (Neither in Education, Employement or Training) mais dont la réalisation concrète est encore très vague.

Le rôle des Régions

Dans ce contexte, il est indispensable que les Régions Européennes soient en première ligne et aient leur mot à dire. La crise du COVID a démontré que, face à une situation inédite, le tissu territorial a permis d’apporter une réponse plus précise, plus fine et plus réactive que celle des Etats. Ce rôle doit être reconnu et mis en valeur dans l’élaboration et la gestion des différents plans de relance. Ainsi, le 23 décembre 2020, 23 régions, issues de 9 Etats-Membres proposaient une déclaration commune dans laquelle elles demandaient une plus grande place dans la gestion de ces plans de relance.

Les acteurs régionaux doivent donc être placés au plus proche de la décision européenne et de sa mise en œuvre. Il est donc nécessaire de leur donner un espace de discussion pour échanger avec leurs homologues européens.

Proposition d’événement

Le FREREF propose d’organiser un événement de 2 demi-journées, à Bruxelles, le 24 mai après-midi et le 25 mai matin, pour débattre avec les acteurs territoriaux et européens sur ces transitions qui demandent une implication plus forte de la part des pouvoir publics.

Qu’il s’agisse d’adaptation, d’évolution, de reconversion ou de rupture, les modalités d’accompagnement de ces transitions doivent être requestionnées ; la crise a mis en lumière les capacités de résilience des acteurs territoriaux.

Trois aspects sur les enjeux des transitions seront plus particulièrement abordés :

  • la transformation numérique : des réseaux sociaux aux promesses de l’intelligence artificielle, comment faire du numérique un outil au service d’une société plus sobre et plus inclusive ?
  • La mobilité : le confinement a engendré des replis sur soi, mais aussi des capacités d’adaptation, d’innovation, et d’agilités nouvelles. Au-delà de la mobilité européenne dont les bénéfices ne doivent pas être réservés aux étudiants de l’enseignement supérieur, c’est la notion même de mobilité, y compris intrarégionale qui doit être réinterrogée. Comment passer d’un monde confiné à un monde plus mobile physiquement, techniquement et intellectuellement ?
  • Des transitions personnelles qui engendrent des transitions sociétales, et vice-versa : comment l’orientation, l’éducation et la formation tout au long de la vie peuvent être mobilisées pour accompagner les transitions en cours et comment les enjeux d’une société plus sobre et plus inclusive peuvent « donner sens » aux transitions personnelles ?

Avec des acteurs des territoires et des initiatives

Les Régions au cœur de la réflexion : si les différents acteurs territoriaux ont toute leur place dans les discussions car ils sont aussi porteurs d’initiatives (les métropoles, les villes, les départements ont leur rôle à jouer), il est indéniable que les Régions sont l’échelle la plus pertinente pour engager des discussions et mettre en œuvre des actions. La Région Catalogne et la Fédération Wallonie-Bruxelles se sont déjà engagées pour partager avec d’autres leur réflexion.

Afin de proposer un événement qui réponde aux préoccupations et aux attentes des acteurs, le FREREF est à la recherche d’initiatives et d’expériences conduites par des Régions et des territoires autour de ces trois dimensions des transitions.

En discutant d’initiatives régionales telles que Eurodyssée, l’enseignement de promotion sociale en Belgique ou des nombreux projets européens passés ou en cours, les participants auront l’occasion de questionner les politiques publiques en œuvre et proposer de nouvelles initiatives pour un accompagnement adapté pour les transitions en cours.

English

FREREF DAY 2022 : Regions and Europe accompanying transitions

Relaunch Europe: New European perspectives (Next Generation EU and ALMA)

The covid crisis has disturbed even more the European institutions, already struggling with the Brexit management and prevarications of the Visegrád countries about European sovereignty.

European youth has been particularly hit by this crisis: multiple lock-down periods have deeply impacted studies and trainings of numerous young Europeans. This youth, who is questioning future, and more importantly, is acting to implement necessary transitions to make our societies more sustainable, seek answers that institutions must provide.

Those transitions are above all societal: around the digital challenge, climate mitigation and the arising of a more inclusive society.

In July 2020, the recovery plan called Next Generation EU endowing 750 billion euros to face these challenges was validated by Member States.

But these transitions also integrate a personal dimension: the issue of lifelong guidance is key in several citizens’ reflexions who questioned their professional and personal paths during confinements and considered reconversions in professions with more signification for them. In this situation, mobility is a crucial stake that exceeds the Erasmus + programme.

In her speech about the state of the Union, the European Commission president Ursula von der Leyen announced the establishment of a new programme ALMA (Aim, Learn, Master, Achieve) to boost mobility of NEETS (persons neither in Education, Employment or Training) among Europe, but its implementation is still unclear.

The role of Regions

In this context, European Regions must be in the policy frontline and have their say. The COVID crisis demonstrated that, while facing this unprecedent situation, the territorial ecosystem allowed to respond with clearer and quicker reaction than the State. This role should be acknowledged and highlighted in the elaboration and management of the diverse recovery plans. Indeed, on 23rd December 2020, 23 regions from 9 Member States made a common statement advocating for their greater involvement in recovery plans’ management.

Regional stakeholders need to be closer to the European policymaking and implementation. It is therefore necessary to create a space for discussion and exchanges with their European counterparts. 

Event proposal

FREREF propose to organise an event of two half-days the 24th and 25th of May, in Brussels, to discuss with territorial and European stakeholders about transitions requiring a greater involvement of public bodies.

Whether they are linked to adaptation, evolution, reconversion or even disruption, the modalities of accompanying these transitions should be questioned. The crisis has highlighted capacities of resilience of territorial stakeholders.

Three elements of the transitions’ challenges will be addressed:

  • Digital transformation: from social media to artificial intelligence, how to make digital technology a tool for a more inclusive and sustainable society?
  • Mobility: lock-down caused withdrawal, but also adaptation, innovation capacity and new agilities. Beyond the European mobility, whose benefices should not only be restricted to higher education students, the very notion of mobility must also be interrogated, including intra-regional mobility. How to evolve from a closed world to a more open and agile one, physically, technically as well as intellectually?
  • Personal transitions causing societal transitions and vice versa: how lifelong guidance, education and training could be mobilised to accompany ongoing transitions and how challenges of future sustainable society could give a meaning to personal transition?

With territorial stakeholders and initiatives

Regions are at the heart of the reflexion: if diverse territorial stakeholders have their say in the discussion (metropoles, cities, departments carry initiatives and have a role to play), regions are the most relevant stakeholders to launch discussion and implement actions. The Catalonian region and Wallonia-Brussels Federation are already committed to share with their counterparts their reflexion.

FREREF is in search of initiatives and experiments conducted at a regional scale by regions and other territorial stakeholders to propose an event responding to the current concerns and expectations of territories about the three transitions dimensions.

By discussing regional initiatives such as Eurodyssee, the teaching of social promotion in Belgium or the numerous achieved and ongoing European projects, participants will have the opportunity to question current public policies and suggest new initiatives for an adapted accompaniment of transitions in progress.

CHILD-UP : Nouveau rapport sur l’intégration hybride des enfants migrants

English below

Le projet CHILD-UP vise à coordonner et à promouvoir la recherche sur l’intégration des enfants migrants dans les écoles, les centres d’accueil, les services sociaux et les communautés dans sept pays partenaires : l’Allemagne, la Belgique, la Finlande, l’Italie, la Pologne, le Royaume-Uni et la Suède. Après avoir répertorié la législation, les politiques et les pratiques existantes et recueilli les expériences et les attentes des enfants migrants et de leurs parents, les chercheur∙se∙s ont présenté leurs observations dans une série de publications.

103 classes de 7 pays représentées dans la recherche

Les dernières observations ont été présentées dans un rapport, publié par l’Université de Modène et Reggio Emilia, qui présente les résultats des recherches menées dans 103 classes et groupes dans les sept pays participant au projet. Il se concentre sur les activités visant à encourager l’intégration hybride, c’est-à-dire une forme d’intégration basée sur la rencontre d’expériences et de points de vue différents, aussi bien d’enfants migrants que de non-migrants. D’après le rapport, près de la moitié des enfants ayant pris part aux activités sont des enfants migrants, ce qui rend ces recherches particulièrement pertinentes dans le cadre de l’intégration hybride. Les données ont été recueillies à travers des enregistrements des activités, des questionnaires réalisés auprès des enfants, des interviews et des groupes de discussion avec les enfants. Ce rapport prend également en considération les obstacles de la pandémie sur la collecte de données.

La maitrise de la langue : un facteur clé de l’implication des enfants

Le rapport analyse plusieurs formes d’interaction dans les classes, en prenant en considération l’impact de différents types de facilitation, la maîtrise de la langue locale et la construction de représentations au sein de la classe. L’une des questions soulignées en particulier est celle de la maîtrise de la langue locale de la part des enfants : en effet, la maîtrise de la langue facilite l’implication des enfants et renforce leur « agency » (capacité d’agir et de se construire dans un contexte social et culturel). Lors de l’apprentissage de la langue locale, les conversations en classe se sont révélées particulièrement utiles, car elles permettent aux enfants de construire leurs propres représentations et de se concentrer sur des sujets qui leur tiennent à cœur.

La problématique de la langue concerne aussi les parents des enfants migrants, surtout lors de discussions entre enseignant∙e∙s et parents allophones : dans ces situations, l’évaluation que les enseignant∙e∙s font des performances des enfants est souvent négative et rencontre une réaction minime et parfois défensive de la part des parents. Lors de ces interactions, l’importance de la figure de médiateur∙ice a également été observée : en parlant aux parents dans leur langue, il/elle se révèle utile pour leur donner du soutien et encourager leur inclusion. En atténuant l’évaluation négative de l’enseignant∙e, le∙a médiateur∙ice a aidé à ne pas se sentir critiqué et à accepter plus facilement l’évaluation. Toutefois, la capacité des médiateur∙ice∙s à inclure les enfants dans ces interactions reste limitée.

Des réactions des enfants positives lorsque qu’on stimule leur participation

A travers les questionnaires post-test, les enfants ont pu donner leur opinion sur les activités en classe : Les réactions ont été pour la plupart positives et les enfants ont particulièrement apprécié les situations dans lesquelles leur participation et leur agency ont été stimulées par les enseignant∙e∙s. Au contraire, les réponses ont été plus négatives lorsque les enseignant∙e∙s ont renforcé leur propre autorité à travers certaines formes d’interactions plutôt que d’encourager la participation. Des retours négatifs ont également émergé de contextes dans lesquels l’innovation n’était pas particulièrement stimulée, du fait que les enfants se connaissaient déjà bien.

Les observations recueillies dans ce rapport seront utilisées pour développer des lignes directrices, des formations et des recommandations de politiques. Pour lire le résumé analytique de ce rapport, cliquez ici.

English

The CHILD-UP project aims to coordinate and promote research on the integration of children with a migrant background in schools, reception centres, social services and communities within seven participating countries: Belgium, Finland, Germany, Italy, Poland, Sweden and the UK. After mapping existing legislation, policies and practices, and gathering experiences and expectations of migrant children and parents, researchers presented their findings in a series of reports.

103 classrooms of 7 countries represented in the research outcomes:

The latest outcomes of the research were presented in the Evaluative Final Report and Final Report on Evaluative Research, published by the University of Modena and Reggio Emilia. It presents the results of research conducted in 103 classes or groups within the seven participating countries, and it focuses on activities aimed at fostering hybrid integration, namely a form of integration based on the blending of different experiences and points of view of both migrant and non-migrant children. According to the report, almost half of the children participating in the activities have a migration background, making the research particularly relevant for hybrid integration. The data was collected through recordings of activities, questionnaires collected from children, interviews and focus groups involving the children. The report also takes into consideration the impact of the pandemic on the collection of data.

Language fluency: a key factor for children’s involvement

The report analyses various forms of classroom interactions, taking into consideration the impact of different types of facilitation, fluency in the local language and the production of narratives within the class. One of the highlighted issues is that of fluency of children with a migrant background in the local language: indeed, a better knowledge of the language made it easier to involve these children and to enhance their “agency”. Agency means that individuals, in particular children, may choose their way of acting, thus contributing to the construction of their social and cultural context. When teaching the local language to those children, classroom conversation was found to be particularly useful as it allows them to produce their own narratives and to focus on themes relevant to them.

The issue of fluency also extends to parents, especially in instances of interactions between teachers and allophone parents: in these situations, the teacher’s assessments of the children’s performance were mostly negative and encountered minimal, sometimes defensive feedback from parents. In these interactions, the importance of mediators was also observed: by talking to parents in their language, mediators have been found to be useful in providing support and fostering the parents’ inclusion. By mitigating the teacher’s negative assessment, mediators helped the parents not to feel judged and to better accept the assessment. However, the ability of mediators to involve children in these interactions remains limited.

Positive children’s feedback when participation is stimulated

Through post-test questionnaires, children were able to give their feedback on the classroom activities: responses were mostly positive, and children especially appreciated situations in which their participation and agency were enhanced by the teachers. On the contrary, responses were more negative when teachers reinforced their own authority through specific forms of interaction, rather than encouraging children’s participation. Less positive feedback also came from contexts in which innovation was not particularly stimulated due to children already knowing each other well.

These findings will be used to develop guidelines, training and policy recommendations. To read the executive summary of the report, click here.

ALMA, le nouveau programme de l’UE destiné aux jeunes en recherche d’emploi

English below

C’était un des points centraux du discours d’Ursula Von Der Leyen, la présidente de la Commission européenne, ce mercredi 15 septembre au Parlement européen : 2022 doit être l’année européenne de la jeunesse. Parmi les propositions phares à leur encontre, on trouve le programme ALMA, qui proposera aux jeunes sans emploi ou sans formation la possibilité d’acquérir une expérience professionnelle temporaire dans un autre Etat membre.

Ce plan prioritaire d’accompagnement est présenté comme une nécessité après la crise sanitaire qui a touché très particulièrement cette catégorie de la population : « Nous sommes en présence d’une jeune génération, hautement éduquée, extrêmement talentueuse et fortement motivée. D’une génération qui s’est tellement sacrifiée pour préserver la sécurité des autres ». Le programme vise plus particulièrement les « Nini », « celles et ceux qui tombent entre les mailles du filet,qui n’ont pas d’emploi, qui ne suivent ni enseignement ni formation ».

L’objectif est de donner aux jeunes « Ninis » la possibilité de vivre une sorte d’Erasmus professionnel. En favorisant leur mobilité au sein des Etats membres, le programme doit aider les jeunes en marge des circuits classiques à acquérir de nouvelles compétences, à diversifier leurs profils, et à se démarquer pour faciliter leur accès à l’emploi. La vie à l’étranger encourage la prise de confiance en soi, l’autonomie, tout en soutenant l’ouverture d’esprit et la tolérance. Pour Christa Schweng, présidente du Comité économique et social européen, ce programme bénéficiera aux jeunes sorti∙e∙s du marché, aux professeur∙e∙s mobilisé∙e∙s, mais aussi au futur de l’Europe. Derrière ce programme, se cache en effet une volonté forte de réintégrer les jeunes à l’édifice et au projet européen.

« Comme Jacques Delors le demandait : Comment fera-t-on l’Europe si les jeunes ne voient pas en elle un projet collectif et une représentation de leur propre avenir ? (…) L’Europe a besoin de toute sa jeunesse ».

Le programme ALMA, nouvelle « âme » de l’Union, doit ainsi plus largement participer de la refonte de l’identité européenne. Les détails du programme devraient se préciser courant 2022. Il devrait être bien accueilli en Espagne et en Italie, où la proportion de jeunes sans formation ni emploi est bien au-dessus de la moyenne européenne. La France s’engage quant à elle à inscrire la question de la mobilité des apprenti∙e∙s au programme de sa présidence du Conseil qui interviendra au premier semestre 2022, comme le Président Macron l’a annoncé lors des Etats Généraux de la Mobilité des Apprentis organisé par Euro App Mobility en septembre dernier

English

ALMA, the new EU program for young jobseekers

It was one of the central points of the speech of Ursula Von Der Leyen, President of the European Commission, on Wednesday 15 September in the European Parliament: 2022 must be the European Year of Youth. Among the key proposals for young people lies the ALMA program, which will offer young people without job or training the opportunity to gain temporary work experience in another member state.

This priority support plan is presented as a necessity after the health crisis that has particularly affected this category of the population: « We are dealing with a young generation, highly educated, extremely talented and highly motivated. A generation that has sacrificed so much to keep others safe. The program is aimed specifically at the « NEETS », « those who fall between the cracks, who are not employed, who are not in education or training ».

The objective is to give young NEETS the opportunity to experience a kind of professional Erasmus. By promoting their mobility within the member states, the program should help young people on the bangs of the traditional circuits to acquire new skills, diversify their profile, and stand out from the crowd to facilitate their access to employment. Life abroad encourages self-confidence and autonomy, while supporting open-mindedness and tolerance. For Christa Schweng, president of the European Economic and Social Committee, this program will benefit young people exited from the market, the mobilized teachers, but also the future of Europe. Behind this program, there is indeed a strong desire to reintegrate young people into the European edifice and project.

« As Jacques Delors asked: How will Europe be made if young people do not see in it a collective project and a representation of their own future? (…) Europe needs all its youth ».

The ALMA program, the new « soul » of the Union, should thus participate more broadly in the redesign of the European identity. The details of the program should become clearer in 2022. It should be well received in Spain and Italy, where the proportion of young people without training or employment is well above the European average. France, for its part, undertakes to include the issue of the mobility of apprentices on the program of its Council presidency which will take place in the first half of 2022, as President Macron announced during the Etats Généraux of Apprentices’ mobility organized by Euro App Mobility last September.

Sources :

https://www.touteleurope.eu/institutions/christa-schweng-il-est-temps-de-faire-remonter-des-propositions-du-terrain-et-de-les-transposer-au-niveau-europeen/

https://www.courrierinternational.com/article/initiative-un-nouvel-erasmus-pour-les-jeunes-sans-emploi-ni-formation

https://www.euroappmobility.eu/fr/article/etats-g%C3%A9n%C3%A9raux-de-la-mobilit%C3%A907969b00

Picture credits: Male,And,Female,Students,Work,On,Car,Engine,Block,On [Shutterstock/Monkey Business Images]

Spring School du Réseau International Cité des Métier – des espaces du 3ème type pour un futur plus désirable

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L’équipe de notre projet Places-3T a participé à la Spring School 2021 du réseau Cité des Métiers « Comment les Cités des métiers répondent aux enjeux européens de l’orientation professionnelle ? » lors d’un workshop le 4 juin dédié aux « espaces du 3ème type », de type tiers lieux, espaces qui se construisent en dehors de la sphère privée sans être exclusivement dans la sphère professionnelle, lieux d’hybridation et d’échanges entre de multiples acteurs et préoccupations.

Trois membres du projet ont animé cet atelier, Pierre Pevée pour Smart, Sanjin Plakalo pour POUR LA SOLIDARITE -PLS et Liliane Esnault pour le FREREF. Ils ont présenté le projet Places-3T, ainsi que l’espace LaVallée, tiers-lieu animé par SMART, et l’une des activités du dispositif 100% jeunes qui s’y déroule, animée par PLS.

Les espaces du 3ème type permettent de développer de nouvelles manières d’apprendre, de créer, de fabriquer de la valeur, en prenant en compte de nouveaux critères de réussite : développement de la confiance en soi et dans les autres, dans l’avenir ; respect des personnes et de la planète ; valorisation des habiletés acquises auparavant et de celles développées dans la coopération et la collaboration ; valorisation de la pensée créative (« flip thinking ») etc. Ce sont des espaces d’expression des envies pour modifier durablement le rapport au futur, soutenir des visions sociétales plus optimistes, plus inclusives, et plus égalitaires.

L’innovation réside dans la manière dont ils se créent et fonctionnent, les relations entre les personnes, le mixage des préoccupations : pas de séparations entre travail ; apprentissage ; création; personnel et collectif ; contenu et méthode, mais une complémentarité permanente.

Les membres du projet Places-3T se sont donc donné pour objectifs :

  • d’étudier, mettre en valeur et rendre pérennes ces espaces collaboratifs dits de « 3ème type » ;
  • de recenser les facteurs clefs de succès ;
  • de mettre en place des modèles, démarches, outils pour accompagner les créateurs d’espaces du 3ème type et leur permettre de s’auto-évaluer ou d’évaluer des pairs ;
  • hybrider les connaissances et mixer les cultures des différents espaces rencontrés au cours du projet ;
  • apprécier, reconnaître et valoriser les compétences complexes ;

Pour mener à bien son projet, l’équipe a déjà sous la main quelques tiers-lieux animé par les partenaires du projet, comme l’espace LaVallée animé par SMART, qui accueille des résidences d’artistes, des événements artistiques et culturels comme des concerts et des festivals. Le lieu dispose également de salle de co-working, d’ateliers, et héberge des artisans et des artistes qui font fonctionner l’économie locale. Les dynamiques du lieu créent des réseaux d’entraide et de connaissances entre les différents acteurs du tiers -lieux et entre les différentes professions qui s’y trouvent. LaVallée agit comme un lieu facilitateur d’activité, qui apporte de la stabilité aux entrepreneur∙se∙s indépendant∙e∙s et artisan∙e∙s tout juste lancé∙e∙s.

LaVallée accueille également des activités sociales, comme le dispositif 100% jeunes dédié aux jeunes « NEETS » ni en emploi, ni en étude, ni en formation, éloigné∙e∙s de l’emploi. Ce dispositif d’accompagnement individuel et collectif de six mois, gratuit et ouvert à tout.e.s les bruxellois.e.s NEET de 18 à 29 ans. Coordonné par Pour La Solidarité, think and do tank bruxellois indépendant engagé en faveur d’une Europe solidaire et durable, le parcours est suivi par une équipe d’acteurs multidisciplinaire qui mettent leur intelligence collective au service du projet de chaque jeune.

English

The Spring School workshop of the Réseau International Cité des Métiers:

Third-type spaces to jointly create a more desirable future – June 2021

The team for our Places-3T project participated in Sping School 2021 (online) of the Réseau International Cité des Métiers on July 4, 2021, in a workshop dedicated to “third-type spaces”, like third places, spaces built outside the private sphere without being exclusively part of the professional one, hybrid places for exchanges between multiple actors and interests.

Three members of the project hosted the workshop, Pierre Pevée from Smart, Sanjin Plakalo from POUR LA SOLIDARITÉ (PLS) and Liliane Esnault from FREREF. They introduced the project and the LaVallée space, the third place hosted by SMART, and one of the activities of the 100% young system which takes place there, hosted by PLS.

Third-type spaces make it possible to develop new ways to learn, create, build values, taking into account the new success criteria: development of trust in oneself and others, in the future; respect for people and the planet; valuing skills acquired previously and those developed in cooperation and collaboration; valuing flip thinking, etc. These are spaces to express the will to make lasting changes in the relationship with the future, support more optimistic, inclusive and egalitarian societal visions.

Innovation lies in the way relationships between people are created and work, as well as the mix of their concerns: no separation between work, learning, creation, personal and collective, content and method, but rather a permanent complementarity.

The members of the Places-3T project have therefore set themselves the following goals:

  • To study, enhance and make sustainable these so-called “third type” collaborative spaces;
  • To identify the key factors for success;
  • To set models, approaches, and tools to support creators of third-type spaces and allow them to self-assess or peer-assess;
  • To make hybrid acquaintances and mix cultures from different spaces that meet along the project;
  • To appreciate, recognise and value the complex competences.

To properly carry out the project, the team already has on hand some third places hosted by the project partners, such as the LaVallée space, hosted by SMART, which includes residences for artists, and hosts artistic and cultural events like concerts and festivals. The place also has a coworking room, workshops, and accommodation for artisans and artists who make the local economy flow. The dynamics of the place create a network of support and acquaintances between the different actors from of third place, and between the different professions that meet there. LaVallée acts as a place that facilitates activity, which offers stability to independent entrepreneurs and artisans who just started their business.

LaVallée hosts social activities as well, such as the 100% young program dedicated to young “NEETS”, not in education, employment, or training, for whom access to employment is particularly difficult. This six-month individual and collective support system is free and open to all NEETS from Brussels aged between 18 and 28. Coordinated by Pour La Solidarité, independent think and do tanks from Brussels have committed to a lasting and solidary Europe. Its development is followed by a team of multidisciplinary actors who put their collective intelligence at the service of each youngster.

A quick brainstorming then allowed participants to help describe what the ideal third-type space would be for them. The next drawing shows the ideal third place according to the participants:

Résultats de la consultation Child-Up sur l’effet de la Covid-19

English below

Après avoir reçu les résultats de notre consultation sur les effets de la Covid-19 dans l’éducation des enfants migrants, nous pouvons constater que les participant.e.s ont tendance à percevoir les impacts négatifs de la classe à la maison sur l’intégration et l’apprentissage des enfants migrants de façon plus élevé que les potentiels impact positifs.

Nous avons demandé à des enseignant.e.s, professionel.les de l’encadrement et de l’accompagnement et chercheur.se.s d’évaluer différents impacts sur une échelle de 1 (faible impact) à 4 (fort impact). On peut voir que l’impact négatif avec la note la plus basse est l’impact concernant les « difficultés pour accéder au cours en ligne et d’autres activités d’apprentissage digitales », avec 2,79, tandis que celui qui a la note la plus haute est l’impact des « difficultés dans le processus de socialisation », avec 3,3.

D’autre part, l’impact positif avec le taux le plus bas était « Plus implication des familles pour soutenir l’apprentissage », avec une moyenne de 2,46, tandis que celui qui avait la note la plus haute était « Plus d’attention à la qualité de l’enseignement en ligne mais aussi présentielle », avec 2,88.

Les participant.e.s ont également été interrogé.e.s sur leurs principales préoccupations face à cette situation. La plus récurrente est l’écart croissant entre les élèves selon leur niveaux de ressources. L’effet négatif de la COVID-19 se fait particulièrement ressentir sur les familles qui ne peuvent pas accéder au matériel nécessaire pour une bonne éducation à la maison.

Un autre effet que la COVID-19 a produit concerne l’inclusion sociale des enfants migrants. Dans cette situation, les enfants sont beaucoup plus contraints de rester à la maison et d’interagir uniquement avec les mêmes personnes, contrairement à une situation normale où les enfants migrants interagissent avec tous les autres enfants.

Les autres préoccupations concernent généralement les problèmes de santé (physique et mentale) et économiques qui sont causés par la COVID-19. Les participant.e.s à l’étude expriment également leur préoccupation vis-à-vis de la situation de tous les élèves en général (plus d’élèves qui abandonnent leurs études, le manque de contact entre les enseignants/éducateurs et les élèves qui en ont le plus besoin, l’effet sur les élèves qui ont des troubles d’apprentissage, etc.).

Interrogé.e.s sur leurs espoirs pour l’avenir, les participant.e.s sont généralement convaincu.e.s que la société apprendra de la situation dans laquelle nous nous trouvons et qu’elle constitue une opportunité d‘améliorer l’éducation sur de nombreux aspects. Ils considèrent aussi généralement que le grand écart qui se creuse entre les élèves avec des ressources et celles et ceux qui en ont moins (ce qui est le cas de la plupart des étudiant.e.s migrant.e.s) fera prendre conscience de l’importance d’améliorer la situation de ces jeunes afin de favoriser leur inclusion dans la société.

Certain.e.s participant.e.s considèrent également que cette situation nous fera repenser la façon dont nous traitons l’environnement. D’autres espèrent seulement que nous finirons par retrouver notre vie normale, tandis qu’une dernière catégorie, composée des plus pessimistes, pense que nous n’apprendrons rien de cela, et que nous reviendrons simplement à nos erreurs précédentes.

Enfin, nous avons interrogé les participant.e.s sur les opportunités que cette situation pourrait offrir. Selon leurs réponses, une issue possible à cette situation serait de tirer des leçons de ce qui se passe actuellement et de nous pousser à améliorer le système éducatif. Beaucoup d’autres pensent également que cette situation obligera les familles à s’impliquer beaucoup plus dans l’éducation de leurs enfants. Il existe d’autres possibilités que les participant.e.s envisagent, comme une augmentation des ressources pour l’intégration des enfants migrants. Il y a, cependant, plusieurs personnes qui ne pensent pas que cette situation offre beaucoup d’opportunités positives.

English

Findings of Child-UP survey about the effect of COVID-19 

After gathering the results of our survey about the effect of COVID-19 on migrant children’s education, we see that the participants tend to perceive a stronger negative impact than a positive one.

We asked teachers, educators, accompaniment practitioners and researchers to rate the different impacts from 1 (little impact) to 4 (strong impact). We see the negative impact with the lowest rate is “Difficulties in accessing online lecture and other digital learning activities”, with a 2.79, while the one with the highest rate is “Difficulties in the socialisation process”, with a 3.3.

On the other hand, the positive impact with the lowest rate was “Increased involvement of families to support learning”, with a 2.46, while the one with the highest rate was “Increased attention on quality of teaching, online but also face-to-face”, with a 2.88.

The participants were also asked about what their main concerns about this situation are. The most recurrent one is the growing gap between students with resources and students without them. The COVID-19’s negative effect on families who cannot afford what is needed for proper house education.

Another important concern is the effect COVID-19 is having on social inclusion of migrant children. In this situation, children are much more forced to stay home and interact only with the same people, in contrast to a normal situation where migrant children interact with all other kinds of children.

The other concerns are generally about the health, mental and economic problems that will be, and are being, caused by COVID-19. Also, how the situation can affect all students in general (more students quitting their education, lack of contact between educators and the students who most need them, the effect on students with learning disabilities, etc.)

When asked about their hopes for the future, the participants generally agreed that society will learn from the situation we find ourselves in right now, and it will make us improve education in many different aspects. They also generally consider that the big gap that is growing between students with resources and students without them (which is the case of most migrant students) will make people realize how important it is to improve these students’ situation in order to help their inclusion in society.

Some participants also consider this situation will make us rethink the way we treat the environment. Some others only hope we will eventually go back to our normal life, while others are rather pessimistic and think we will learn nothing from this, and we will just go back to our previous mistakes.

Finally, we asked the participants about the possibilities they think this situation can offer. According to their answers, there is a great possible outcome of this situation, that we will learn from what is happening now and that will make us improve the education system. Many others also think this situation will make families involve much more in their children’s education. There are some other possibilities the participants consider, like a raise on the resources for integration of migrant children. There are, though, several participants who do not think this situation offers many opportunities.

Picture credit: École vecteur créé par vectorjuice – fr.freepik.com

Premieres conclusions du projet citized

English below

L’équipe du projet Citized s’est réuni le 12 et 13 avril pour mettre en commun le travail de recherche sur les politiques en matière d’éducation civique et citoyenne en Europe, et présenter les conclusions des cas d’études dans 6 pays différents ainsi qu’au niveau de l’Union Européenne et du Conseil de l’Europe.

Quelques point communs et divergences ressortent des rapports :

  • La plupart des pays ont adopté une approche basée sur l’acquisition de compétences dans le champ de l’éducation citoyenne formelle et informelle, en accord avec le Cadre de Référence pour le Compétences pour la Culture Démocratique (RFCDC) du Conseil de l’Europe et du « Cadre de Compétences Clés » développé par l’UE.
  • L’Education citoyenne est souvent enseignée de façon transdisciplinaire, même si l’on constate une prédominance de la perspective historique et France et en Autriche, philosophique en Belgique, et légale ou économique et Italie.
  • L’Education citoyenne en Allemagne est protégé par la constitution allemande au même titre que l’Education religieuse, alors qu’en France elle est largement liée au thème de la laïcité.
  • L’Education citoyenne est considérée partout comme un sujet hautement politique, et son enseignement au niveau national est l’objet de débat dans tous les pays.

Suite à la présentation des cas d’étude et de débats, l’équipe a identifié 6 principaux défis en lien avec l’éducation citoyenne aux niveaux local, national et européen.

  1. Mettre l’éducation citoyenne à l’agenda des autorités politiques, de la société civile, de la communauté enseignante, des parents et des élèves.
  2. Permettre une bonne mise en œuvre : malgré la bonne volonté dont sont souvent issues les politiques publiques et initiatives, elles manquent souvent de ressources en termes de coopération, de capacity-building, de monitoring et d’évaluation.
  3. Améliorer l’articulation des cadres européens et nationaux avec les initiatives issues du terrain.
  4. Evoluer de l’enseignement de contenus vers l’apprentissage de compétences, d’attitudes et de valeurs
  5. S’emparer des questions sociétales complexes et clivantes.
  6. Evaluer les acquis d’apprentissages des étudiants, reconnaitre et valoriser les compétences acquises dans un contexte non-formel et informel.
English

The Citized project team has gathered on April 12th and 13th to exchange on the conducted research on citizenship education policies and initiatives in Europe, and to present the findings of case-studies in 6 different countries and at the level of the EU and of the Council of Europe.

Here are the main common and divergent elements of the different policies and initiatives evoked are:

  • Most of the countries adopted a competence-oriented teaching method for citizenship education, as promoted by the Council of Europe through the “Reference Framework of Competences for Democratic Culture” and by the EU with the “Key Competences Framework;
  • Citizenship Education is transdisciplinary in formal education, but with a predominance of historical perspective in Austria and France, of Philosophy in Belgium, and of legal and economic disciplines in Italy.
  • Citizenship Education in Germany has the same constitutional status as religious Education, whereas in France Citizenship Education is deeply linked with secularism.
  • Citizenship education is considered as a highly political topic and its implementation by national policy is subject to debate in all countries;

Following the reporting of the case-studies and debates, the team identified 6 main challenges related to Citizenship Education at the local, national and European level:

  1. Bring citizenship education into the agenda (agenda of policy makers, local public authorities, civil society, teachers, parents and students)
  2. Enable a good implementation: although initiatives and policies often come from good ideas, they may lack resources, cooperation, capacity building, monitoring, evaluation.
  3. Foster the articulation of National or European frameworks with bottom-up initiatives;
  4. Evolving from teaching citizenship education contents to learning citizenship education skills, attitudes and values.
  5. Tackling complex issues and polarised opinions: like migration or decolonization.
  6. Assessing students’ learning outcomes, recognize and valorise competences acquired in an informal or non-formal context.

Brexit : quels effets pour les projets eramsus ?

English below

Le 24 décembre 2020, un accord a été trouvé entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Ce dernier a décidé de ne pas participer au nouveau programme Erasmus+ 2021-2027 et de lancer son propre programme « Turing » qui va financer des séjours à l’étranger pour les étudiants britanniques. Cependant les activités et les mobilités relevant du programme Erasmus+ 2014-2020 peuvent se poursuivre jusqu’à leurs termes.

De nombreuses universités britanniques souhaitent maintenir les échanges d’étudiant.e.s avec les pays de l’UE malgré le Brexit. En effet, des nombreux.ses étudiant.e.s britanniques partent étudier en Espagne, en France ou en Allemagne (top 3 des destinations Erasmus depuis le Royaume-Uni). La Grande-Bretagne recevait également de nombreux.ses étudiant, et a longtemps disputé la tête du classement des destinations Erasmus avec l’Espagne, qui l’a devancée depuis 2017 et les prémices du Brexit.

Les étudiant.e.s d’Irlande du Nord pourront cependant continuer à bénéficier de financements pour des séjours au sein de l’UE. Le ministre de l’Education d’Irlande Simon Harris a en effet assuré vouloir « continuer à donner accès aux opportunités européennes aux jeunes d’Irlande du Nord » en accordant 2.1 millions d’euros annuels pour financer ces échanges.

Dans le reste du Royaume-Uni, le programme Turing remplacera à terme la participation au programme Erasmus +, en offrant la possibilité aux étudiant.e.s britanniques de partir étudier ou travailler à l’étranger, y compris dans les pays membres de l’UE, mais pas seulement. Le programme Turing se veut inclusif et le gouvernement assure qu’il toucherait des publics désavantagés qui ne bénéficiaient pas du programme Erasmus auparavant. Concernant le budget, 100 millions de livres ont déjà été allouées au programme pour les mobilités démarrant en septembre 2021. En comparaison, le Royaume-Uni a bénéficié de près de 200 millions d’euros du programme Erasmus+ pour l’année 2019. Le programme pour l’instant n’évoque pas de disposition particulière en ce qui concerne les étudiant.e.s étranger.e.s qui voudraient venir étudier au Royaume-Uni.

English

On December 24th, the EU and the UK met an agreement about Brexit. The UK decided not to further participate in the Erasmus + programme 2021-2027, and to launch its own “Turing programme” to finance mobility abroad for British students. However, activities and mobilities already granted within the 2014-2021 Erasmus programme could be conducted until the end.

Despite the Brexit, many universities wish to pursue student exchanges with EU member countries. Indeed, numerous British students have gone to study in Spain, France, or Germany (the top 3 of Erasmus destination for British students). The UK also received a lot of foreign students and competed for a long time with Spain for the first rank of Erasmus destination at European level. Spain dethroned UK since 2017 and the Brexit premises.

Students of Northern Ireland will however still be able to benefit from funding for mobility within the EU. Minister of Higher Education of Ireland, Simon Harris, assured its will to “protect the access of students resident in Northern Ireland to the benefits of the Erasmus mobility programme”, by according 2.1 million euros for these mobilities.

In the rest of the UK, the Turing programme will replace the participation to the Erasmus + programme, by offering the possibility for British students to go study or work abroad, including within the EU countries but not only. The Turing programme is expected to be inclusive, and the UK government assure that it will benefit to disadvantaged students who previously were not part of the Erasmus + programme. 100 million £ are allocated for the mobilities starting from this September 2021. As comparison, the UK benefited from the Erasmus programme around 200 million euros in 2019. The Turing programme for now does not evoke specific measures regarding foreign students who would like to study within the UK.

Crédits photo :https://www.euronews.com/2020/01/09/does-brexit-mean-the-end-of-erasmus-for-british-students

https://www.gov.uk/government/news/new-turing-scheme-to-support-thousands-of-students-to-study-and-work-abroad

https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/brexit-les-etudiants-d-irlande-du-nord-pourront-toujours-beneficier-d-erasmus_2142253.html

en memoire de Walo Hutmacher

Par Joël Bonamy

Walo Hutmacher est décédé fin novembre 2020. Le FREREF tient à témoigner ici du rôle qu’il a joué comme président de la Fondation de 1997 à 2008.

C’est Jean-Marie Albertini qui, en février 2008, alors que Walo quittait la présidence, voulut rappeler son arrivée à la FREREF ; puis, en 2011, à l’occasion de la célébration des vingt ans de la création de la FREREF, il fit le bilan des initiatives prises lors de sa présidence et de leur impact sur les nouveaux développements que la FREREF a connus depuis.

Nous nous sommes rencontrés la première fois bien avant la création de la Freref, à la fin des années 80, au Conseil Scientifique de l’INRP où siégeait aussi ton grand ami Gilbert De Landsheere que tu connaissais bien avant moi et qui fonda la FREREF et en assura la présidence. . C’est sous son amicale pression que tu as rejoint la Freref dès 1992 en amenant l’adhésion du Canton de Genève, que tu devins membre du Conseil, puis président (1997) après son décès.

Depuis nous ne nous sommes plus quittés, et en lisant ton CV je me suis aperçu que nous étions très complémentaires. Tu es sociologue patenté et je suis économiste, nous étions complémentaires mais pas pour les raisons que l’on pourrait croire. Lorsque tu devins président alors que j’étais administrateur délégué, j’ai dû par moment te causer des sueurs froides. Tu as eu le grand mérite de donner de la rigueur aux démarches hasardeuses de la FREREF.

Cette rigueur de la pensée et de la démarche, tu l’as développée tout au long d’une carrière scientifique confrontant en permanence la recherche et l’action. Je ne vais pas ici énumérer tous les travaux scientifiques que tu as dirigés ou auxquels tu as participé, ils sont trop nombreux.

Ce qui m’a frappé en lisant ton CV, c’est que parallèlement à ces travaux tu as participé à de nombreuses actions et réalisations ; de 1957 à 1958, tu as été président de l’association générale des Etudiants et cofondateur du journal Action Etudiante. En 1958, tu fus le directeur fondateur du Centre d’accueil des adolescents en difficulté Astural Chevrens. Tu as participé à la création en 1988 de la société Suisse pour la recherche appliquée en matière de formation professionnelle et tu y as participé jusqu’en 1992. Pour l’Unesco, tu as réalisé trois missions concernant la planification de l’Education Rwanda (1963), au Congo-Brazzaville (1965) au Barbados (1969).

Cette volonté d’action, tu l’as développée aussi en participant aux travaux d’évaluation et d’enquête de l’OCDE notamment au groupe « Schooling tomorrow », au groupe INES en tant que représentant de la Suisse dans les travaux portant sur « les indicateurs internationaux des systèmes d’enseignement »  ou encore en tant qu’expert auprès de l’UE où tu es devenu en 2006 expert dans le domaine des sciences sociales, de l’éducation et de la formation.

Ce n’est pas par hasard que tu as accepté de rejoindre dès 1992 la Freref et de succéder à Gilbert De Landsheere comme président, le 21 juin 1997 à Luxembourg.

L’idée de la Freref était née dans les années 1980 lorsque le CNRS qui avait soutenu un réseau européen REREF, que j’animais et auquel participaient De Landsheere et son équipe, me dit que les restrictions de crédits allaient faire diminuer l’appui du CNRS. Autour d’un boc de bière rue d’Ulm, un jour d’été, De Landsheere me dit qu’il fallait créer un réseau non plus avec les Etats Nationaux mais avec les Régions car ce sont elles qui sont ou seront de plus en plus en charge des problèmes d’éducation.

Je l’introduisis auprès de la Région Rhône-Alpes où il convainquit le vice-président Hamelin. De Landsheere de son côté fit jouer ses relations catalanes qui dataient du temps où il était membre des brigades internationales, des Catalans participaient déjà au Reref (Michel Pariset et moi sommes allés voir Arthur Blade qui était à la direction internationale de la recherche du gouvernement Catalan). L’amitié qui unissait durant la guerre d’Espagne à Siguan, grand d’Espagne, président des étudiants anarchistes et marié à une princesse Hohenzollern elle-même présidente des étudiantes anarchistes, fit le reste. La Catalogne et la Région-Alpes convainquirent la Lombardie et le Bade Wurtemberg. Le Luxembourg et le Canton de Genève suivirent, puis les Baléares.

Grâce à l’appui de Domenico Lenarduzzi qui dirigeait la DG 12 de la Commission Européenne, nous pûmes préparer puis organiser, en 1996, à Barcelone une Euroconférence qui lança en grande pompe la Freref. »

Au départ, la FREREF avait pour but de faire admettre la nécessité pour les Régions de développer des recherches en éducation et formation pour accompagner le développement de leur nouvelles compétences. Parallèlement elle visait à ouvrir de nouveaux champs d’investigation aux chercheurs et de donner des possibilités accrues  de participation aux projets européens. Les actions visaient à créer des occasions de rencontres entre des responsables régionaux, des chercheurs et des acteurs sociaux économiques. Des liens se nouèrent et prospérèrent entre des chercheurs et des responsables régionaux mais la manière nous avions alors pensé la Freref n’était pas entièrement satisfaisante, il était vite apparu que vouloir financer ou lancer des recherches et étaient surtout  très difficiles.

Mais tu compris que cela ne suffisait pas et tu préconisas la création de réseaux de chercheurs pris en charge par des Régions membres. Un comité fut créé sous ton égide, qui proposa un nouveau mode de fonctionnement, les actions et les recherches ne devaient plus être activé par la FREREF mais par des réseaux de chercheurs de chaque Région participants. »

En 2003, l’équipe de la FREREF à Lyon prend à bras le corps la promotion de l’Apprendre tout au long de la vie. Une nouvelle dynamique se met en place, bouscule le schéma de réseaux de chercheurs académiques et ouvre le champ au « triptyque » décideurs – chercheurs – praticiens. Ce fut le lancement des Universités d’été de la recherche et l’innovation pour l’apprendre tout au long de la vie qui permit la création d’une véritable plate-forme d’échange inter régionale et le lancement du projet Régio-LLL. Lors de la première Université d’été, tu déclaras :

« La promotion de Apprendre tout au long de la vie constitue l’une des stratégies majeures des sociétés européennes face aux défis extrêmement complexes de marché du travail et de cohésion sociale que leur posent la vitesse, l’ampleur et la profondeur des mutations économiques, démographiques et sociales en cours. Cette stratégie entraînera avec elle une redéfinition du statut de l’individu et de son parcours de vie, de même que des institutions d’éducation et de formation léguées par l’histoire. … En s’appuyant sur les apports de la recherche et sur l’expérience des Régions participantes, l’Université d’été sera l’occasion d’identifier les jeux et les enjeux institutionnels dans ce domaine, d’examiner et de comparer les tensions, les conflits ou les résistances, variables sans doute selon les pays et les régions et selon les domaines professionnels. »

Peu à peu, d’un réseau de chercheurs tentant et recherchant l’appui de Régions pour développer les recherches en éducation et formation, la FREREF est ainsi passée à un réseau de Régions mobilisant des ressources de la recherche et des acteurs économiques et sociaux dans leur stratégie concernant l’apprendre tout au long de la vie.

Cette évolution est le signe de la réussite des objectifs initiaux de la FREREF mais elle exigea une nouvelle organisation et de nouveaux modes de fonctionnement, qui furent mis en place sous la Présidence de Jean Vanoye dès 2008, puis celle de Christiane Demontès depuis 2014. »

LLL WEEK 2020 : policy debate on migrant children integration in school systems

English bellow

Le Freref a eu le plaisir de co-organiser avec la Lifelong Learning Platform un débat en ligne à l’occasion de la Lifelong Learning Week 2020 portant sur les perspectives durables pour une meilleure intégration des enfants ayant eu un parcour migratoire au sein des systèmes éducatifs en Europe.

Le débat a rassemblé Vincent Catot du département intégration de la DG Home, l’eurodéputée Sylvie Guillaume, le chercheur Claudio Baraldi, coordinateur du projet CHILD-UP, Edwin Katerberg de l’association européenne des chef.fe.s d’établissement ESHA et Mialy Dermish, représentante du réseau Sirius.

Les panélistes ont exprimé leur avis à propos du rôle de leur institution dans l’amélioration du processus d’inclusion des enfants migrants en Europe, les actions de l’Union européenne pour promouvoir une société durable embrassant la diversité et l’interculturalité, ou encore l’impact de l’épidémie de Covid sur les conditions d’inclusion des systèmes éducatifs en Europe, notamment pour les élèves les plus démuni.e.s.

Mme Guillaume a souligné le fait que les écoles pour les élèves les plus défavorisé.e.s sont souvent des « safe spaces » qui leur fournit les services les plus élémentaires comme l’accès à la cantine ou aux soins. Mme Dermish a ajouté à ce propos que le réseau Sirius a observé que les enfants nouvellement arrivé.e.s sur le territoire ont souvent des difficultés à obtenir le matériel électronique et la connexion internet nécessaires pour poursuivre leur enseignement à distance.

M. Catot a lui rappelé les priorités de la DG Home en matière d’intégration:
– l’adoption de mesures pour l’intégration et l’inclusion générale en complément de mesures ciblées spécifiques;
-une concentration des efforts sur l’inclusion et l’éducation des enfants en bas âge;
-l’adoption d’une approche multi-acteurs et multisectorielle impliquant les parents, les communautés et croisant les services éducatifs avec les politiques de santé et de logement.

Le professeur Claudio Baraldi a ensuite exposé son point de vue sur son rôle en tant que chercheur dans l’élaboration des politiques d’intégration et d’éducation. Il a insisté sur le besoin de déconstruire les stéréotypes et d’éviter les discriminations liées à un parcours migratoire et plaide pour donner plus de place et d’attention à la voix des enfants dans la recherche en éducation. Le projet CHILD-UP qu’il coordonne considère que les enfants sont des agents actifs de leur propre processus d’intégration.

Les panélistes ont également évoqué de nombreuses initiatives et ressources dans ce domaine comme la pratique du mentorat, l’articulation de l’éducation formelle et non-formelle, un compendium de bonnes pratiques en cours d’élaboration par la DG EAC, ou encore le site spécifique de la DG Home pour l’intégration.

Pour conclure, nous répéterons l’énonce de Mme Dermish qui nous parait refléter l’esprit des participant.e.s à cet événement:

« Nous devrions percevoir et représenter les enfants ayant eu un parcours migratoire comme des atouts »

Le FREREF remercie les panélistes d’avoir apporté leur expertise et leur opinion sur ce sujet, ainsi que tous.tes les participant.es, Monica Verzola pour avoir modéré le débat, ainsi que toute l’équipe de la Lifelong Learning Platform qui a co-organisé l’événement et a su mettre en oeuvre une LLL Week 2020 fructueuse malgré la situation sanitaire!

L’enregistrement complet de l’événement est disponible ci-dessous:

English

Freref had the pleasure to co-organise with the Lifelong Learning Platform an online debate on the occasion of the Lifelong Learning Week 2020 on sustainable perspectives for a better integration of children with a migrant background in education systems in Europe.

The debate brought together Vincent Catot from the Integration Department of DG Home, MEP Sylvie Guillaume, Claudio Baraldi, researcher and coordinator of the CHILD-UP project, Edwin Katerberg from the European association of head teachers ESHA  and Mialy Dermish, representative of the Sirius network.

The panelists expressed their views on the role of their institution in improving the process of inclusion of migrant children in Europe, the actions of the European Union to promote a sustainable society embracing diversity and interculturality, and the impact of the Covid epidemic on the conditions of inclusion of Education systems in Europe, especially for the most deprived pupils.

Ms Guillaume stressed the fact that schools for the most disadvantaged pupils are often « safe spaces » providing them with the most basic services such as access to canteen or healthcare.  Ms Dermish added in this respect that the Sirius network has observed that newly arrived children often have difficulties in obtaining the necessary electronic equipment and internet connection to pursue distance learning.

Mr Catot reminded the DG Home’s priorities for integration:
– the adoption of measures for integration and general inclusion as a complement to specific targeted measures;
-a focus on early child education and inclusion;
-the adoption of a multi-stakeholder and multi-sectoral approach involving parents, communities and linking Education services with Health and Housing policies.

Professor Claudio Baraldi then presented his views on his role as a researcher in the development of integration and education policies. He insisted on the need to deconstruct stereotypes and to avoid discrimination linked to a migratory journey and pleaded for more space and attention to be given to the voice of children in educational research. The CHILD-UP project that he coordinates considers that children are active agents in their own integration process.

The panelists also mentioned many initiatives and resources in this field such as the practice of mentoring, the articulation of formal and non-formal education, a compendium of good practices being developed by DG EAC, or the specific DG Home website for integration.

To conclude, we will repeat the statement made by Ms Dermish, which seems to us to reflect the spirit of the participants in this event:

« We should perceive and represent children with a migrant background as assets ».

FREREF would like to thank the panelists for their expertise and opinion on this topic, as well as all the participants, Monica Verzola for moderating the debate, and the whole team of the Lifelong Learning Platform who co-organised the event and managed to implement a successful LLL Week 2020 despite the health situation!

The full record of the event is available above.

"Les Régions en action pour le LLL"