Festival de l’Apprendre Partie 2 – Quelles pistes pour renouveler notre façon d’apprendre ?

L’équipe du FREREF était présente à la journée dédiée aux professionel·le·s du festival de l’Apprendre 2023, organisé à l’Hôtel de métropole de Lyon le 25 janvier. Nous avons pu écouter les interventions de Véronique Moreira , vice-présidente de la métropole en charge des collège, Olivier Curnelle , représentant du rectorat de Lyon, Rebecca Shankland, Professeure des Universités en psychologie du développement et Philippe Meirieu, ancien Professeur des Universités en Sciences de l’Éducation sur la question du bien-être des élèves. L’importance de la santé mentale des élèves et étudiant ·e·s a été mise en lumière pendant la crise sanitaire, en effet entre apprentissage à distance, isolation sociale et éco-anxiété, leur bien-être est mis à mal en cette période d’incertitude.

Au fil des discussions et des rencontres, nous avons également constaté que nos projets font définitivement face à des problématiques actuelles, comme l’apprentissage de la citoyenneté, l’Éducation à la Paix, la résolution de conflit à l’école, l’inclusion des enfants avec un parcours migratoire, et les pédagogies nouvelles basées sur la créativité.

Quelles pistes pour renouveler notre façon d’apprendre ?

Plusieurs pistes ont été évoquées lors des échanges, pendant la discussion d’ouverture ou lors des ateliers tout au long de la journée

Une première piste évoquée par M. Meirieu et Pr. Shankland est la promotion de la Coopération, comme valeur et comme ensemble de compétences. En effet le système scolaire aujourd’hui et la conception de la réussite scolaire est beaucoup basée sur la compétition : on demande à ses enfants d’avoir les meilleures notes comparativement à ses camarades, pour tirer son épingle du jeu lors de processus de sélection lors du passage à l’enseignement supérieur (et parfois plus tôt), alors que les dynamiques coopératives permettent de mieux apprendre : Pr Shankland a évoqué une étude qui montre que les dispositifs d’entraide améliorent la réussite scolaire. L’étude évoque même un format de cours « idéal » incluant un temps d’entraide avec 1/3 de temps dédié à la transmission d’info , 1/3 dédié au travail personnel et 1/3 de temps d’entraide entre élèves. M Meirieu lui promeut la valorisation de chaque élève pour ses compétences propres, et lui permettre ainsi de se positionner dans le collectif comme ressource (comme par exemple le fait le brevet des scouts). Au FREREF nous considérons la coopération comme une valeur essentielle de l’Éducation, pilier des compétences démocratiques et sociales et de l’Éducation à la Paix. La coopération est d’ailleurs une thématique clé de notre catalogue en ligne de jeux « Peace Games » pour l’Education à la Paix.

Une autre piste évoquée par les intervenant.e.s est celle de l’apprentissage manuel, pourtant en perte de vitesse dans le système formel actuel où l’heure de technologie de 6ème a été supprimée du programme. L’apprentissage manuel peut développer énormément de compétences comme la concentration profonde, mais aussi « l’art de faire avec » ou la débrouillardise, compétences cruciale à l’aune d’une société qui tend à la sobriété et à la soutenabilité. Cet essor de l’ESS et des structure mettant en avant le développement durable et une façon de produire et de consommer alternative, nous l’avons vu lors de notre investigation dans les tiers-lieux apprenants dans le cadre de notre projet Places-3T  : que ce soit des jardins partagés, des recycleries, des ateliers partagées, des friches industrielles transformées en lieu culturel, les tiers-lieux sont des espaces propices à l’apprentissage « alternatif » informel, entre pairs, à la croisée des secteurs.

Enfin l’apprentissage des responsabilité et de l’autonomie apparaît comme une évolution nécessaire pour éduquer des enfants qui deviendront les citoyen.ne.s actif.ve.s de demain (et même d’aujourd’hui!). L’apprentissage de la responsabilité est évoqué dans les attitudes clé du cadre pour la culture démocratique du Conseil de l’Europe (Cf article Festival de l’Apprendre Partie 1 ) mais sa mise en œuvre pratique reste un défi pour les pédagogues. M. Meirieu évoquait par exemple le traditionnel animal de compagnie dans la classe dont toute la classe prenait soin. L’apprentissage de la responsabilité est fortement lié à l ‘apprentissage « citoyen » : les élèves doivent apprendre leur rôle dans les processus démocratiques pour se faire une idée de la responsabilité qu’il incombe à chaque individu appartenant à une société. Cet apprentissage nécessite donc de considérer les apprenant.e.s, enfants ou adultes, comme des acteurs de leur propre apprentissage. Et pour ce faire laisser de l’autonomie est primordial. On ne peut que se féliciter de voir que la métropole de Lyon a œuvré en ce sens en mettant à disposition des collèges un budget participatif. Cependant cette pratique n’est ni systémique ni systématique. Les systèmes scolaires doivent appréhender la question de l’autonomie et de la responsabilité des élèves dans son ensemble et adopter une approche holistique de l’apprentissage de la citoyenneté. Cette question a notamment été développé par le projet CITIZED qui met à disposition un Guide pour une approche globale de la citoyenneté à l’école, qui recense des pratiques et des outils à mettre en place dans les établissements.

Crédits photo : Maison de l’Apprendre

Festival de l’Apprendre 2023 « Apprendre à prendre soin de soi, des autres et de la planète » Partie 1

L’équipe du FREREF était présente à la journée dédiée aux professionel·le·s du festival de l’Apprendre 2023, organisé à l’Hôtel de métropole de Lyon le 25 janvier. Nous avons pu écouter les interventions de Véronique Moreira , vice-présidente de la métropole en charge des collège, Olivier Curnelle , représentant du rectorat de Lyon, Rebecca Shankland, Professeure des Universités en psychologie du développement et Philippe Meirieu, ancien Professeur des Universités en Sciences de l’Éducation sur la question du bien-être des élèves. L’importance de la santé mentale des élèves et étudiant ·e·s a été mise en lumière pendant la crise sanitaire, en effet entre apprentissage à distance, isolation sociale et éco-anxiété, leur bien-être est mis à mal en cette période d’incertitude.

Au fil des discussions et des rencontres, nous avons également constaté que nos projets font définitivement face à des problématiques actuelles, comme l’apprentissage de la citoyenneté, l’Éducation à la Paix, la résolution de conflit à l’école, l’inclusion des enfants avec un parcours migratoire, et les pédagogies nouvelles basées sur la créativité.

Prendre soin de soi 

Tous les intervenant·e·s se sont rejoint sur une approche holistique du bien-être de l’élève: pour bien apprendre il faut non-seulement avoir un environnement scolaire favorable mais également un environnement familial et privé bénéfique : être bien logé, avoir accès à des soins de qualité et accessibles, s’épanouir dans des activités sportives et artistiques et dans des initiatives collectives. Cette approche justifie alors la prise en compte des politiques de logement, d’alimentation, d’accès au soin (y compris de santé mentale), et de lutte contre les violences et le harcèlement (notamment sexiste et sexuel) dans les politiques d’Éducation en général.

La vice-présidente de la Métropole de Lyon en charge des collèges a insisté sur les compétences de la Métropole en termes de logement, d’alimentation, d’aménagement des collèges et également d’élaboration de la carte scolaire : elle entend agir pour favoriser la mixité sociale dans les établissements, en recul depuis quelques années, augmenter le nombre de logements sociaux notamment à la Croix-rousse ou seul 17 % du parc immobilier sont des logements sociaux, et le recours au bail réel solidaire (on se souvient que l’ancien collège Maurice Scève a du être réquisitionné pour loger des mineurs isolés en attente de reconnaissance de minorité). La métropole veut également agir pour responsabiliser les élèves, notamment dans leur alimentation en offrant plus de choix dans la restauration scolaire. Dans la même approche, la Métropole a mis à disposition un Budget Participatif  pour l’aménagement de certains collèges: les élèves devaient élaborer et soutenir un projet lié à l’aménagement de leur établissement, comme l’aménagement d’un foyer des élèves, la réalisation d’un jardin ou d’une « cabane d’isolation ».

M. Meirieu a également identifié la créativité comme un « levier du bien-être » : il distingue les pédagogies nouvelles en 2 approches : celles qui se concentrent sur la créativité et celles sur l’autonomie. Ces pédagogies permettent de développer des compétences comme la résolution de problème et de mieux réussir dans l’enseignement supérieur, où les élèves ayant peu développé leur autonomie peuvent se sentir perdu.e.s. Rebecca Shankland a ajouté à ce propos que la créativité est une compétences clé pour pouvoir s’adapter au futur marché du travail : On ne connaît pas les métiers de demain : mais on peut travailler sur la créativité pour donner la capacité aux jeunes de créer ces métiers plus tard.

Prendre soin des autres

Prendre soin de soi c’est également prendre soin de la société dans laquelle on évolue, et des gens qui nous entourent. Se sentir responsable et appartenant à une société et aussi une compétence qu’on apprend et qu’on développe au fil de notre vie. L’apprentissage des notions comme la citoyenneté, couplé à l’acquisition de compétences psycho-sociale est aujourd’hui l’objet de nombreuses recommandations et d’initiatives, notamment du Conseil de l’Europe au sein de son Cadre de Compétences pour la Culture Démocratique, qui nous sert de référence dans de nombreux projets. Pour Mme Shankland ces compétences doivent être liées à des valeurs pour être applicable au réel : les valeurs d’émancipation et de solidarité portées par l’Éducation,

Pour le FREREF, l’apprentissage de la citoyenneté est lié à Éducation à la paix, qui consiste à apprendre plusieurs principes comme la coopération, les différentes conception de la paix (internationale, justice sociale etc.), acquérir des compétences psycho-sociale comme la coopération, le dialogue interculturel, la résolution de conflit ou encore la méta-cognition (régulation des émotions, prise de recul sur ses prise de positions et croyances) ou encore le sens critique. Le FREREF coordonne actuellement le projet « Peace Games » sur l’Éducation à la Paix grâce aux jeux : les partenaires ont recensé des jeux pertinents pour susciter l’acquisition de ces compétences, qui peuvent être intégré à des parcours d’apprentissage thématiques (Droits des enfants, démocratie et citoyenneté ; Sensibiliser au handicap ; Lutter contre les préjugés et promouvoir la diversité ; Prévention du harcèlement ; Reconnaître et apprivoiser ses émotions entre-autres). Nous sommes également partenaire d’un projet mené par le Centre pédo-pédagogique pour la Paix qui recense et articule différentes méthodes de résolution des conflits entre élèves pour promouvoir une approche globale de gestion des conflits à l’école.

Suite de l’article – « Festival de l’Apprendre « Apprendre à prendre soin de soi, des autres et de la planète » Partie 2 – Les pistes à retenir pour renouveler notre façon d’apprendre » à venir !

Des tiers-lieux pour une Europe sociale et solidaire

Retour sur la conférence « Les tiers-lieux au service d’une Europe sociale et solidaire », organisé par POUR LA SOLIDARITÉ-PLS le 22 novembre 2022 à Bruxelles, à l’occasion de son 20ème anniversaire.

L’événement a rassemblé près de 80 personnes parmi lesquelles des universitaires, des chercheurs, des représentants des agences européennes, des représentants des institutions et des associations belges et françaises, des étudiants, des représentants des coopératives.

Après une introduction par Denis Stokkink (président de POUR LA SOLIDARITÉ-PLS), la professeure Sybille Mertens (Directrice du Centre d’Économie Sociale – Université de Liège) invitée pour l’occasion, a exposé le phénomène des tiers-lieux, avec un focus sur les cinq raisons d’être de ces espaces : un espace collectif de proximité, un espace d’empowerment, un espace d’innovation, un espace de diplomatie, et enfin un espace soutenant une transition systémique.

La deuxième session a permis aux participants d’apprendre sur des activités menées par des autorités politiques : des institutions européennes et françaises. Patrick Klein (Chef du secteur Économie sociale et solidaire – Commission Européenne, CE) a notamment indiqué que la CE a officiellement lancé, le 14 novembre 2022, le parcours de transition pour l’écosystème de l’économie de proximité et de l’économie sociale (The transition pathway on proximity and social economy). Ce document sert de guide pour pointer les domaines d’action nécessaire, ainsi que pour appeler les acteurs de l’ESS à prendre des engagements fermes sur ces domaines. Marc Laget (programme « Nouveaux Lieux, Nouveaux Liens » – Agence nationale française de la cohésion des territoires ANCT) a parlé des travaux d’analyse des tiers-lieux menés par l’ANCT. Marc Laget a aussi convié toutes les personnes intéressées par le sujet au grand événement « tiers-lieux en Europe » organisé de 8 au 10 mars 2023 à Montpellier, pour le partage d’expériences en développement des tiers-lieux à travers l’Europe.

La troisième session était une table ronde d’acteurs de terrain. Modérée par Alexandra Martin (Sociétaire, Coopérative des Tiers-Lieux en Nouvelle-Aquitaine), la table ronde a réuni les représentant.e.s de deux projets Erasmus+ et de deux tiers-lieux. Liliane Esnault (Responsable développement de projets – Le Forum des Régions Européennes pour la Recherche, FREREF) a précisé que le projet PLACES-3T vise à accompagner le développement en Europe des « espaces du troisième type » – terme utilisé pour donner plus de liberté par rapport au concept des tiers-lieux. Des acteurs des tiers-lieux sont invités à parler de leurs espaces nouveaux, émergents ou confirmés, en répondant au questionnaire sur le site internet du projet (www.places3t.eu). Des ressources pédagogiques du projet PLACES-3T seront rendus disponibles vers la mi-2023, notamment une méthodologie pour l’accompagnement à la création, l’animation et la pérennisation des espaces du troisième type. Ensuite, Sophie Alex-Bacquer (Chargée de mission International et Innovation, Croix-Rouge Compétence Nouvelle-Aquitaine) a présenté le projet Erasmus+ HOPE IN US qui vise à renforcer la coopération entre les secteurs de la culture et de la formation pour adultes en créant un tiers-lieu digital européen. HOPE IN US veut développer la capacité des acteurs de la culture, des apprenants adultes et de leurs formateurs à donner un sens à leurs actions, à devenir responsables de ce qu’ils peuvent changer et à être résilients face à ce qu’ils ne peuvent éviter. Pour cela, le tiers-lieu digital a été créé sur le site internet du projet (https://hope-in-us.eu), il contient déjà la boite à outils, ainsi qu’un ensemble d’épisodes de la Web TV. Tou.t.es les intéressé.e.s sont convié.e.s à rejoindre la communauté HOPE IN US en ligne. Enfin, deux tiers-lieux ont été présentés au public par leurs coordinateurs : La Halle Tropisme à Montpellier (https://www.tropisme.coop) par Jordi Castellano (Directeur, Illusion & Macadam, Montpellier), et LaVallée à Bruxelles (https://lavallee.brussels) par Pierre Pevée (Coordinateur de la La Vallée, Bruxelles).

Au cours et à l’issue de cette conférence, les témoignages collectés indiquent que le public a particulièrement apprécié :

  • La richesse et la variété des interventions
  • Des échanges avec des intervenant.e.s
  • L’inspiration que l’événement leur a apporté pour leurs activités futures.

Vous avez manqué la conférence ? Retrouvez-la sur la chaine YouTube ci-dessous !

Auteur: Sanjin Plakalo – Pour La Solidarité – PLS

RAPPORT de l’UNESCO sur l’apprentissage et l’éducation des adultes

ENGLISH BELOW

L’UNESCO a publié le 5e Rapport global sur l’apprentissage et l’éducation des adultes, examinant les progrès et les défis qui sont apparus entre la Conférence internationale sur l’éducation des adultes qui s’est tenue à Belém en 2009 et celle qui a eu lieu à Marrakech cet été.

Le rapport est divisé en deux parties : la première partie présente les évolutions constatées depuis le précédent Rapport global, publié en 2018. La deuxième partie du rapport aborde le thème de l’éducation à la citoyenneté et son importance pour l’éducation des adultes.

Les résultats de l’enquête indiquent une nette transition vers des systèmes et des politiques d’apprentissage tout au long de la vie, donnant à l’éducation des adultes et à l’éducation non formelle un rôle de plus en plus important. Une tendance encourageante est la forte augmentation de la participation à l’éducation des adultes : le développement de l’apprentissage à distance a permis à un plus grand nombre d’adultes d’avoir accès à l’éducation, et les améliorations de la qualité des programmes d’études ont été déterminantes pour attirer davantage d’apprenants : en conséquence, la participation a augmenté en particulier chez les femmes et les jeunes adultes. L’amélioration de la formation et de la rémunération des éducateurs, associée à des méthodes d’évaluation affinées, a été un moteur essentiel de l’amélioration de la qualité globale de l’éducation des adultes.

Des défis subsistent, notamment en ce qui concerne la participation de certaines catégories à l’éducation des adultes : dans de nombreux pays, par exemple, la participation des prisonniers, des personnes handicapées et des migrants ne s’est pas améliorée depuis 2018, et dans la majorité des pays, la participation a diminué pour les adultes plus âgés.

Dans sa deuxième partie, le rapport se concentre sur un aspect spécifique de l’éducation et de la formation des adultes : l’éducation à la citoyenneté globale, qui joue un rôle majeur dans le développement de la pensée critique, de l’apprentissage actif et de la participation active des adultes à la vie communautaire.

En raison de son grand potentiel transformatif, l’alphabétisation s’est avérée être un facteur clé pour favoriser la citoyenneté active : le rapport considère qu’elle doit rester au centre des considérations des acteurs de l’éducation à la citoyenneté, car elle améliore la créativité, l’autonomie et l’esprit critique des apprenants.

Le rapport accorde également une attention particulière au thème de la migration : l’éducation à la citoyenneté est cruciale pour soutenir les migrants car elle favorise l’esprit de tolérance et le sens civique au sein des populations d’accueil et aide les migrants à s’adapter à de nouveaux contextes culturels et sociaux, ce qui leur permet de devenir des citoyens actifs et de réduire le risque de marginalisation.

Le concept de citoyenneté numérique est également abordé, indiquant que, aujourd’hui plus que jamais, la participation des citoyens à la société dépend également de l’utilisation des nouvelles technologies. Cela signifie que les technologies doivent être rendues accessibles à tous, mais le rapport souligne que cela doit être associé à des efforts pour développer les compétences numériques, afin de permettre à chacun d’utiliser ces nouveaux outils de manière responsable.

Le rapport aborde ensuite la sous-représentation des femmes et des minorités de genre : ces disparités doivent être reconnues et combattues par une inclusion plus complète des perspectives de genre dans l’éducation à la citoyenneté ; l’État doit aussi jouer un rôle plus important dans la protection des droits des femmes et des minorités de genre.

Enfin, les luttes des populations indigènes sont mises en évidence, avec les défis liés à la reproduction des modèles coloniaux et des visions du monde centrées sur l’Occident. La sagesse des connaissances indigènes pourrait contribuer de façon significative à l’éducation à la citoyenneté, en particulier pour les sujets liés à la nature et au développement durable.

ENGLISH

UNESCO issued the 5th Global Report on Adult Learning and Education, examining the progress and the challenges that emerged between the International Conference on Adult Education that was held in Belém in 2009 and the one that took place in Marrakech this summer.

The report is divided in two parts: the first part presents the developments noted since the previous Global Report, published in 2018. The second part of the report addresses the topic of citizenship education and its significance for adult education.

The results of the survey indicate a clear transition towards lifelong learning systems and policies, giving adult education and non-formal education an increasingly significant role. A positive trend is the high increase in participation in adult learning: the development of distance learning allowed more adults to have access to education, and the improvements in the quality of curricula were key in attracting more learners: as a result, participation rose especially among women and young adults. Better training and remuneration of educators, coupled with refined assessment methods, were a crucial driver of the improvements in the overall quality of adult education.

Challenges remain, especially concerning the participation of certain categories in adult education: in many countries, for instance, the participation of prisoners, people with disabilities and migrants has not improved since 2018, and in the majority of the countries participation decreased for older adults.

In its second part, the report focuses on a specific aspect of adult learning: global citizenship education, which plays a major role in developing the adults’ critical thinking, active learning and active participation in community life.

Because of its great transformative potential, literacy was proven to be a key factor in fostering active citizenship: the report considers that it should remain central in the considerations of citizenship education actors since it improves creativity, empowerment and critical thinking.

The report also pays particular attention to the subject of migration: citizenship education is crucial in supporting migrants because it fosters a spirit of tolerance and civic sense in host populations and it helps migrants to adapt in new cultural and social contexts, empowering them as active citizens and reducing the risk of marginalisation.

The concept of digital citizenship is also discussed, indicating that, now more than ever, citizens’ participation in society depends also on the use of new technologies. This means that technologies should be made accessible to all, but the report stresses that this should be coupled with efforts to develop digital skills, to allow everyone to use these new tools responsibly.

The report then addresses the under-representation of women and gender minorities: these disparities must be acknowledged and counteracted with a more complete inclusion of gender perspectives in citizenship education, with the state needing to play a more important role in protecting the rights of women and gender minorities.

Finally, the struggles of indigenous populations are highlighted, with challenges related to the reproduction of colonial models and West-centred worldviews. The wisdom of indigenous knowledge could contribute significantly to citizenship education, especially for subjects related to nature and sustainable development.

COMORELP – Se former tout au long de la vie : les pratiques innovantes dans le secteur de la formation professionnelle en Auvergne-Rhône-Alpes.

Le projet COMORELP vise à améliorer notre compréhension et nos outils de comparaison des politiques et pratiques existantes en matière de formation professionnelle. L’approche de la région française d’Auvergne-Rhône-Alpes se concentre notamment sur la « formation tout au long de la vie ». En effet, la région montre un fort intérêt pour la formation professionnelle et, alors qu’elle compte plus de 350 000 étudiants, elle a également dépassé les 81 000 apprentis en 2021. En tant que partenaire basé en Auvergne-Rhône-Alpes, le FREREF a eu l’occasion d’examiner de plus près certaines initiatives innovantesdans la région, pertinentes pour COMORELP.

Tuteur∙ice∙s de formation au sein des entreprises – IUT Lyon 2

Afin de mieux accompagner les étudiant∙e∙s durant leur période au sein de l’entreprise, l’IUT propose des sessions de formation pour leur tuteur∙ice∙s en entreprise. Durant cette formation, les tuteur∙ice∙s ont l’opportunité de rencontrer l’équipe pédagogique et de partager leur expérience avec d’autres tuteurs en petits groupes, et ils sont formés pour évaluer les compétences développées par leurs étudiants. Cela permet de reconnaître les compétences développées par les tuteurs, qui accomplissent une tâche supplémentaire en gérant les étudiants.

7300 contrats d’alternance ont été signés depuis la création de l’IUT en 1992, ce qui signifie qu’autant de tuteurs ont été accompagnés.

Le système de l’alternance est toujours centré sur les étudiants et il est assez rare que les tuteurs en entreprise aient l’occasion de réfléchir et de discuter de la manière dont les étudiants apprennent et de ce qu’ils retirent de cette expérience. Cette initiative permet d’avoir une meilleure compréhension commune sur l’évaluation des compétences développées par l’étudiant. C’est aussi une opportunité pour les personnes en poste de retourner à l’école et cela peut leur donner l’envie de rejoindre un autre programme de formation et de vivre une expérience d’apprentissage tout au long de la vie.

Le facteur de succès le plus important de cette initiative repose sur la capacité à créer des liens solides entre l’école et l’entreprise afin d’instaurer la confiance mutuelle qui permettra à la formation des tuteurs d’avoir lieu.

NUUM Factory – Centre de formation digitale

La NUUM Factory est une école numérique, offrant des qualifications de niveau 6 à 7 du CEC, créée par le syndicat des entreprises et ciblant les étudiants de l’enseignement supérieur qui travailleront en alternance. Sur la base de ces parties prenantes, le contenu et le programme de l’école sont fortement liés aux préoccupations des entreprises.

Le lien fort avec les entreprises, qui sont membres du conseil d’administration et participent à la conception du cursus sur le sujet crucial de la transformation numérique, confère à l’école un rôle clé dans la formation des nouveaux salariés des TPE, PME et entreprises de taille intermédiaire du territoire.

L’école intégrera bientôt l’ancien Hôtel de Région Rhône-Alpes, puisque la région soutient également l’école. Le coût du programme reste une limite à l’égalité d’accès à cette opportunité même si, dans certains cas, l’entreprise dans laquelle les étudiants effectueront leur alternance en paie une partie.

Le facteur de succès de cette école est le fait que les entreprises travaillent ensemble pour créer leur propre école afin de les aider dans la transition numérique, et que celles-ci jouent un rôle important dans la conception du contenu des cours.

Promo 16-18 AFPA (Agence pour la Formation Professionnelle des Adultes)

Ce programme, géré par des organismes d’insertion tels que les agences locales pour la jeunesse et les agences pour l’emploi, est financé par des fonds publics depuis 2022 et est toujours en cours dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il vise à proposer aux NEETs (personnes qui ne sont ni dans l’éducation, ni dans l’emploi, ni dans la formation) âgés de 16 à 18 ans un programme de formation de 4 mois afin de développer leur confiance en soi et de les aider à trouver leur propre voie.

Les jeunes sont pris en charge (ils bénéficient d’un déjeuner gratuit, du transport gratuit vers le centre de formation et ne perdent aucune autre allocation) et peuvent tester différents métiers, travailler sur leur parcours personnel et préparer l’épreuve théorique du permis de conduire pendant 13 semaines.

Le programme Promo 16-18 parvient à ramener certains NEETs vers un parcours institutionnel qui les aidera à trouver un programme de qualification ou un emploi. Ce programme peut également être considéré comme la première étape d’un processus de reconnexion avec les institutions, qui ont du mal à atteindre les NEETs. D’une part, ce programme est très qualitatif et ceux qui en bénéficient reçoivent un soutien constant, mais d’autre part, les moyens de fournir ce soutien peuvent limiter le nombre de personnes bénéficiant du programme.

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Lifelong training: innovative practices in the vocational training sector in Auvergne-Rhône-Alpes.

The COMORELP project aims to improve our understanding and benchmarking of existing vocational education policies and practices. The approach of the French region of Auvergne-Rhône-Alpes is characterised by a focus on “formation tout au long the la vie”, namely lifelong training. Indeed, the region shows a strong interest in vocational training: in fact, while the region counts more than 350 000 students, it also reached more than 81 000 apprentices in 2021. As a partner operating in Auvergne-Rhône-Alpes, FREREF had the opportunity to examine more closely some initiatives in the region which are relevant for COMORELP.

In-company tutor training by IUT Lyon 2

In order to better accompany the students during their in-company period, the IUT propose a training session for their in-company tutor. During this one-day session, tutors have the opportunity to meet the full pedagogical team and share their experience with other tutors in smaller groups, and they are trained to evaluate the competences developed by their students. This helps to recognise the competences developed by the tutors as they are achieving an extra task by managing the students.

7300 alternance contracts were signed since the creation of the IUT in 1992, meaning that as many tutors were accompanied.

The dual system always focuses on students, and it is quite rare that in-company tutors have the opportunity to reflect on and to discuss how the students are learning and what they are learning with this experience. This initiative allows to have a better common understanding on the evaluation of the competences developed by the student. It is also an opportunity for in-job persons to go back to the school and may give them the willingness to join another training program and experience a lifelong learning experience.

The most important success factor of this initiative relies in the ability to create strong links between the school and the company in order to install the mutual confidence that will allow the tutors’ training to happen.

 

NUUM Factory – Digital training centre

The NUUM Factory is a digital school, providing qualifications from EQF level 6 to 7, created by the companies union and targeting Higher Education students who will work in dual learning. Based on these stakeholders, the content and programme of the school are strongly related to companies concerns.

The strong link with companies, which are board members and are involved in the cursus design on the crucial topic of digital transformation, gives the school a key role in the training of new employees for very small-, small- and intermediate-size companies of the territory.

The school will soon integrate the former Hôtel de Région Rhône-Alpes, as the region is also supporting the school. The cost of the programme remains a limit regarding equal access to this opportunity, even though in some cases the company in which the students will make their alternance is paying for part of it.

The success factor of this school is the fact that companies work together to create their own school to help them in the digital transition, and that they play a in important part in the design of the content of the courses.

Promo 16-18 AFPA (Agency for Adult Vocational Training)

This programme, run by insertion bodies such as local youth agencies and employment agencies, is publicly funded since 2022 and is still running in the Auvergne-Rhône-Alpes region. It aims at providing NEETs (persons which are Nor in Education, Employments or Training) between 16 and 18 years old with a 4-months training programme in order to foster their self-confidence and help them to find their own pathway.

Young people are taken in charge (they have free lunch, free transport to the training centre, and they do not lose any other allocations) and they can test different jobs, work on their personal pathway and prepare the theoretical part of the driving license during 13 weeks.

The Promo 16-18 programme manages to bring some NEETs back to an institutional path that will help them to find a qualification programme or a job. This can also be seen as the first step into a process of reconnecting with institutions, which find it difficult to reach NEETs. On the one hand, this programme is very qualitative and those who benefit from it receive consistent support, but on the other hand, the means to provide this support can limit the of number of people benefiting from the programme.

FREREF DAY 2022 : 24 et 25 Mai – Bruxelles – Les régions et l’Europe accompagnent les transitions

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L’Europe à la relance : Next Generation EU et ALMA

La crise du COVID est venue perturber un peu plus les institutions européennes déjà en prise avec la gestion du BREXIT et les atermoiements des pays du groupe de Visegràd sur la souveraineté européenne.

La jeunesse européenne a été particulièrement touchée par cette crise : les confinements successifs ont profondément impacté les études et les formations de nombreux jeunes européens. Une jeunesse qui s’interroge, et surtout agit pour mettre en œuvre les transitions indispensables qui rendront nos sociétés plus durables, qui est à la recherche des réponses que doivent leur apporter les institutions.

Ces transitions sont d’abord sociétales : autour de la question du numérique, de l’enjeu climatique et dans la mise en œuvre d’une société plus inclusive.

Dès le mois de juillet 2020, un plan de relance intitulé Next Génération EU doté de 750 milliards d’Euros était validé par les Etats Membres, intégrant l’ensemble de ces questions.

Mais ces transitons intègrent également une dimension personnelle : la question de l’orientation est au cœur de la réflexion de nombreux citoyens qui ont eu l’occasion lors des différents confinements d’interroger leur parcours professionnel, personnel et d’envisager des reconversions vers des métiers faisant mieux sens pour eux. Dans cette situation, la mobilité devient un enjeu qui dépasse le programme Erasmus+.

Dans son discours sur l’état de l’union, la présidente de la Commission Européenne Ursula von der Leyen a annoncé la création d’un nouveau programme ALMA pour favoriser la mobilité européenne des jeunes NEETS (Neither in Education, Employement or Training) mais dont la réalisation concrète est encore très vague.

Le rôle des Régions

Dans ce contexte, il est indispensable que les Régions Européennes soient en première ligne et aient leur mot à dire. La crise du COVID a démontré que, face à une situation inédite, le tissu territorial a permis d’apporter une réponse plus précise, plus fine et plus réactive que celle des Etats. Ce rôle doit être reconnu et mis en valeur dans l’élaboration et la gestion des différents plans de relance. Ainsi, le 23 décembre 2020, 23 régions, issues de 9 Etats-Membres proposaient une déclaration commune dans laquelle elles demandaient une plus grande place dans la gestion de ces plans de relance.

Les acteurs régionaux doivent donc être placés au plus proche de la décision européenne et de sa mise en œuvre. Il est donc nécessaire de leur donner un espace de discussion pour échanger avec leurs homologues européens.

Proposition d’événement

Le FREREF propose d’organiser un événement de 2 demi-journées, à Bruxelles, le 24 mai après-midi et le 25 mai matin, pour débattre avec les acteurs territoriaux et européens sur ces transitions qui demandent une implication plus forte de la part des pouvoir publics.

Qu’il s’agisse d’adaptation, d’évolution, de reconversion ou de rupture, les modalités d’accompagnement de ces transitions doivent être requestionnées ; la crise a mis en lumière les capacités de résilience des acteurs territoriaux.

Trois aspects sur les enjeux des transitions seront plus particulièrement abordés :

  • la transformation numérique : des réseaux sociaux aux promesses de l’intelligence artificielle, comment faire du numérique un outil au service d’une société plus sobre et plus inclusive ?
  • La mobilité : le confinement a engendré des replis sur soi, mais aussi des capacités d’adaptation, d’innovation, et d’agilités nouvelles. Au-delà de la mobilité européenne dont les bénéfices ne doivent pas être réservés aux étudiants de l’enseignement supérieur, c’est la notion même de mobilité, y compris intrarégionale qui doit être réinterrogée. Comment passer d’un monde confiné à un monde plus mobile physiquement, techniquement et intellectuellement ?
  • Des transitions personnelles qui engendrent des transitions sociétales, et vice-versa : comment l’orientation, l’éducation et la formation tout au long de la vie peuvent être mobilisées pour accompagner les transitions en cours et comment les enjeux d’une société plus sobre et plus inclusive peuvent « donner sens » aux transitions personnelles ?

Avec des acteurs des territoires et des initiatives

Les Régions au cœur de la réflexion : si les différents acteurs territoriaux ont toute leur place dans les discussions car ils sont aussi porteurs d’initiatives (les métropoles, les villes, les départements ont leur rôle à jouer), il est indéniable que les Régions sont l’échelle la plus pertinente pour engager des discussions et mettre en œuvre des actions. La Région Catalogne et la Fédération Wallonie-Bruxelles se sont déjà engagées pour partager avec d’autres leur réflexion.

Afin de proposer un événement qui réponde aux préoccupations et aux attentes des acteurs, le FREREF est à la recherche d’initiatives et d’expériences conduites par des Régions et des territoires autour de ces trois dimensions des transitions.

En discutant d’initiatives régionales telles que Eurodyssée, l’enseignement de promotion sociale en Belgique ou des nombreux projets européens passés ou en cours, les participants auront l’occasion de questionner les politiques publiques en œuvre et proposer de nouvelles initiatives pour un accompagnement adapté pour les transitions en cours.

English

FREREF DAY 2022 : Regions and Europe accompanying transitions

Relaunch Europe: New European perspectives (Next Generation EU and ALMA)

The covid crisis has disturbed even more the European institutions, already struggling with the Brexit management and prevarications of the Visegrád countries about European sovereignty.

European youth has been particularly hit by this crisis: multiple lock-down periods have deeply impacted studies and trainings of numerous young Europeans. This youth, who is questioning future, and more importantly, is acting to implement necessary transitions to make our societies more sustainable, seek answers that institutions must provide.

Those transitions are above all societal: around the digital challenge, climate mitigation and the arising of a more inclusive society.

In July 2020, the recovery plan called Next Generation EU endowing 750 billion euros to face these challenges was validated by Member States.

But these transitions also integrate a personal dimension: the issue of lifelong guidance is key in several citizens’ reflexions who questioned their professional and personal paths during confinements and considered reconversions in professions with more signification for them. In this situation, mobility is a crucial stake that exceeds the Erasmus + programme.

In her speech about the state of the Union, the European Commission president Ursula von der Leyen announced the establishment of a new programme ALMA (Aim, Learn, Master, Achieve) to boost mobility of NEETS (persons neither in Education, Employment or Training) among Europe, but its implementation is still unclear.

The role of Regions

In this context, European Regions must be in the policy frontline and have their say. The COVID crisis demonstrated that, while facing this unprecedent situation, the territorial ecosystem allowed to respond with clearer and quicker reaction than the State. This role should be acknowledged and highlighted in the elaboration and management of the diverse recovery plans. Indeed, on 23rd December 2020, 23 regions from 9 Member States made a common statement advocating for their greater involvement in recovery plans’ management.

Regional stakeholders need to be closer to the European policymaking and implementation. It is therefore necessary to create a space for discussion and exchanges with their European counterparts. 

Event proposal

FREREF propose to organise an event of two half-days the 24th and 25th of May, in Brussels, to discuss with territorial and European stakeholders about transitions requiring a greater involvement of public bodies.

Whether they are linked to adaptation, evolution, reconversion or even disruption, the modalities of accompanying these transitions should be questioned. The crisis has highlighted capacities of resilience of territorial stakeholders.

Three elements of the transitions’ challenges will be addressed:

  • Digital transformation: from social media to artificial intelligence, how to make digital technology a tool for a more inclusive and sustainable society?
  • Mobility: lock-down caused withdrawal, but also adaptation, innovation capacity and new agilities. Beyond the European mobility, whose benefices should not only be restricted to higher education students, the very notion of mobility must also be interrogated, including intra-regional mobility. How to evolve from a closed world to a more open and agile one, physically, technically as well as intellectually?
  • Personal transitions causing societal transitions and vice versa: how lifelong guidance, education and training could be mobilised to accompany ongoing transitions and how challenges of future sustainable society could give a meaning to personal transition?

With territorial stakeholders and initiatives

Regions are at the heart of the reflexion: if diverse territorial stakeholders have their say in the discussion (metropoles, cities, departments carry initiatives and have a role to play), regions are the most relevant stakeholders to launch discussion and implement actions. The Catalonian region and Wallonia-Brussels Federation are already committed to share with their counterparts their reflexion.

FREREF is in search of initiatives and experiments conducted at a regional scale by regions and other territorial stakeholders to propose an event responding to the current concerns and expectations of territories about the three transitions dimensions.

By discussing regional initiatives such as Eurodyssee, the teaching of social promotion in Belgium or the numerous achieved and ongoing European projects, participants will have the opportunity to question current public policies and suggest new initiatives for an adapted accompaniment of transitions in progress.

CHILD-UP : Nouveau rapport sur l’intégration hybride des enfants migrants

English below

Le projet CHILD-UP vise à coordonner et à promouvoir la recherche sur l’intégration des enfants migrants dans les écoles, les centres d’accueil, les services sociaux et les communautés dans sept pays partenaires : l’Allemagne, la Belgique, la Finlande, l’Italie, la Pologne, le Royaume-Uni et la Suède. Après avoir répertorié la législation, les politiques et les pratiques existantes et recueilli les expériences et les attentes des enfants migrants et de leurs parents, les chercheur∙se∙s ont présenté leurs observations dans une série de publications.

103 classes de 7 pays représentées dans la recherche

Les dernières observations ont été présentées dans un rapport, publié par l’Université de Modène et Reggio Emilia, qui présente les résultats des recherches menées dans 103 classes et groupes dans les sept pays participant au projet. Il se concentre sur les activités visant à encourager l’intégration hybride, c’est-à-dire une forme d’intégration basée sur la rencontre d’expériences et de points de vue différents, aussi bien d’enfants migrants que de non-migrants. D’après le rapport, près de la moitié des enfants ayant pris part aux activités sont des enfants migrants, ce qui rend ces recherches particulièrement pertinentes dans le cadre de l’intégration hybride. Les données ont été recueillies à travers des enregistrements des activités, des questionnaires réalisés auprès des enfants, des interviews et des groupes de discussion avec les enfants. Ce rapport prend également en considération les obstacles de la pandémie sur la collecte de données.

La maitrise de la langue : un facteur clé de l’implication des enfants

Le rapport analyse plusieurs formes d’interaction dans les classes, en prenant en considération l’impact de différents types de facilitation, la maîtrise de la langue locale et la construction de représentations au sein de la classe. L’une des questions soulignées en particulier est celle de la maîtrise de la langue locale de la part des enfants : en effet, la maîtrise de la langue facilite l’implication des enfants et renforce leur « agency » (capacité d’agir et de se construire dans un contexte social et culturel). Lors de l’apprentissage de la langue locale, les conversations en classe se sont révélées particulièrement utiles, car elles permettent aux enfants de construire leurs propres représentations et de se concentrer sur des sujets qui leur tiennent à cœur.

La problématique de la langue concerne aussi les parents des enfants migrants, surtout lors de discussions entre enseignant∙e∙s et parents allophones : dans ces situations, l’évaluation que les enseignant∙e∙s font des performances des enfants est souvent négative et rencontre une réaction minime et parfois défensive de la part des parents. Lors de ces interactions, l’importance de la figure de médiateur∙ice a également été observée : en parlant aux parents dans leur langue, il/elle se révèle utile pour leur donner du soutien et encourager leur inclusion. En atténuant l’évaluation négative de l’enseignant∙e, le∙a médiateur∙ice a aidé à ne pas se sentir critiqué et à accepter plus facilement l’évaluation. Toutefois, la capacité des médiateur∙ice∙s à inclure les enfants dans ces interactions reste limitée.

Des réactions des enfants positives lorsque qu’on stimule leur participation

A travers les questionnaires post-test, les enfants ont pu donner leur opinion sur les activités en classe : Les réactions ont été pour la plupart positives et les enfants ont particulièrement apprécié les situations dans lesquelles leur participation et leur agency ont été stimulées par les enseignant∙e∙s. Au contraire, les réponses ont été plus négatives lorsque les enseignant∙e∙s ont renforcé leur propre autorité à travers certaines formes d’interactions plutôt que d’encourager la participation. Des retours négatifs ont également émergé de contextes dans lesquels l’innovation n’était pas particulièrement stimulée, du fait que les enfants se connaissaient déjà bien.

Les observations recueillies dans ce rapport seront utilisées pour développer des lignes directrices, des formations et des recommandations de politiques. Pour lire le résumé analytique de ce rapport, cliquez ici.

English

The CHILD-UP project aims to coordinate and promote research on the integration of children with a migrant background in schools, reception centres, social services and communities within seven participating countries: Belgium, Finland, Germany, Italy, Poland, Sweden and the UK. After mapping existing legislation, policies and practices, and gathering experiences and expectations of migrant children and parents, researchers presented their findings in a series of reports.

103 classrooms of 7 countries represented in the research outcomes:

The latest outcomes of the research were presented in the Evaluative Final Report and Final Report on Evaluative Research, published by the University of Modena and Reggio Emilia. It presents the results of research conducted in 103 classes or groups within the seven participating countries, and it focuses on activities aimed at fostering hybrid integration, namely a form of integration based on the blending of different experiences and points of view of both migrant and non-migrant children. According to the report, almost half of the children participating in the activities have a migration background, making the research particularly relevant for hybrid integration. The data was collected through recordings of activities, questionnaires collected from children, interviews and focus groups involving the children. The report also takes into consideration the impact of the pandemic on the collection of data.

Language fluency: a key factor for children’s involvement

The report analyses various forms of classroom interactions, taking into consideration the impact of different types of facilitation, fluency in the local language and the production of narratives within the class. One of the highlighted issues is that of fluency of children with a migrant background in the local language: indeed, a better knowledge of the language made it easier to involve these children and to enhance their “agency”. Agency means that individuals, in particular children, may choose their way of acting, thus contributing to the construction of their social and cultural context. When teaching the local language to those children, classroom conversation was found to be particularly useful as it allows them to produce their own narratives and to focus on themes relevant to them.

The issue of fluency also extends to parents, especially in instances of interactions between teachers and allophone parents: in these situations, the teacher’s assessments of the children’s performance were mostly negative and encountered minimal, sometimes defensive feedback from parents. In these interactions, the importance of mediators was also observed: by talking to parents in their language, mediators have been found to be useful in providing support and fostering the parents’ inclusion. By mitigating the teacher’s negative assessment, mediators helped the parents not to feel judged and to better accept the assessment. However, the ability of mediators to involve children in these interactions remains limited.

Positive children’s feedback when participation is stimulated

Through post-test questionnaires, children were able to give their feedback on the classroom activities: responses were mostly positive, and children especially appreciated situations in which their participation and agency were enhanced by the teachers. On the contrary, responses were more negative when teachers reinforced their own authority through specific forms of interaction, rather than encouraging children’s participation. Less positive feedback also came from contexts in which innovation was not particularly stimulated due to children already knowing each other well.

These findings will be used to develop guidelines, training and policy recommendations. To read the executive summary of the report, click here.

ALMA, le nouveau programme de l’UE destiné aux jeunes en recherche d’emploi

English below

C’était un des points centraux du discours d’Ursula Von Der Leyen, la présidente de la Commission européenne, ce mercredi 15 septembre au Parlement européen : 2022 doit être l’année européenne de la jeunesse. Parmi les propositions phares à leur encontre, on trouve le programme ALMA, qui proposera aux jeunes sans emploi ou sans formation la possibilité d’acquérir une expérience professionnelle temporaire dans un autre Etat membre.

Ce plan prioritaire d’accompagnement est présenté comme une nécessité après la crise sanitaire qui a touché très particulièrement cette catégorie de la population : « Nous sommes en présence d’une jeune génération, hautement éduquée, extrêmement talentueuse et fortement motivée. D’une génération qui s’est tellement sacrifiée pour préserver la sécurité des autres ». Le programme vise plus particulièrement les « Nini », « celles et ceux qui tombent entre les mailles du filet,qui n’ont pas d’emploi, qui ne suivent ni enseignement ni formation ».

L’objectif est de donner aux jeunes « Ninis » la possibilité de vivre une sorte d’Erasmus professionnel. En favorisant leur mobilité au sein des Etats membres, le programme doit aider les jeunes en marge des circuits classiques à acquérir de nouvelles compétences, à diversifier leurs profils, et à se démarquer pour faciliter leur accès à l’emploi. La vie à l’étranger encourage la prise de confiance en soi, l’autonomie, tout en soutenant l’ouverture d’esprit et la tolérance. Pour Christa Schweng, présidente du Comité économique et social européen, ce programme bénéficiera aux jeunes sorti∙e∙s du marché, aux professeur∙e∙s mobilisé∙e∙s, mais aussi au futur de l’Europe. Derrière ce programme, se cache en effet une volonté forte de réintégrer les jeunes à l’édifice et au projet européen.

« Comme Jacques Delors le demandait : Comment fera-t-on l’Europe si les jeunes ne voient pas en elle un projet collectif et une représentation de leur propre avenir ? (…) L’Europe a besoin de toute sa jeunesse ».

Le programme ALMA, nouvelle « âme » de l’Union, doit ainsi plus largement participer de la refonte de l’identité européenne. Les détails du programme devraient se préciser courant 2022. Il devrait être bien accueilli en Espagne et en Italie, où la proportion de jeunes sans formation ni emploi est bien au-dessus de la moyenne européenne. La France s’engage quant à elle à inscrire la question de la mobilité des apprenti∙e∙s au programme de sa présidence du Conseil qui interviendra au premier semestre 2022, comme le Président Macron l’a annoncé lors des Etats Généraux de la Mobilité des Apprentis organisé par Euro App Mobility en septembre dernier

English

ALMA, the new EU program for young jobseekers

It was one of the central points of the speech of Ursula Von Der Leyen, President of the European Commission, on Wednesday 15 September in the European Parliament: 2022 must be the European Year of Youth. Among the key proposals for young people lies the ALMA program, which will offer young people without job or training the opportunity to gain temporary work experience in another member state.

This priority support plan is presented as a necessity after the health crisis that has particularly affected this category of the population: « We are dealing with a young generation, highly educated, extremely talented and highly motivated. A generation that has sacrificed so much to keep others safe. The program is aimed specifically at the « NEETS », « those who fall between the cracks, who are not employed, who are not in education or training ».

The objective is to give young NEETS the opportunity to experience a kind of professional Erasmus. By promoting their mobility within the member states, the program should help young people on the bangs of the traditional circuits to acquire new skills, diversify their profile, and stand out from the crowd to facilitate their access to employment. Life abroad encourages self-confidence and autonomy, while supporting open-mindedness and tolerance. For Christa Schweng, president of the European Economic and Social Committee, this program will benefit young people exited from the market, the mobilized teachers, but also the future of Europe. Behind this program, there is indeed a strong desire to reintegrate young people into the European edifice and project.

« As Jacques Delors asked: How will Europe be made if young people do not see in it a collective project and a representation of their own future? (…) Europe needs all its youth ».

The ALMA program, the new « soul » of the Union, should thus participate more broadly in the redesign of the European identity. The details of the program should become clearer in 2022. It should be well received in Spain and Italy, where the proportion of young people without training or employment is well above the European average. France, for its part, undertakes to include the issue of the mobility of apprentices on the program of its Council presidency which will take place in the first half of 2022, as President Macron announced during the Etats Généraux of Apprentices’ mobility organized by Euro App Mobility last September.

Sources :

https://www.touteleurope.eu/institutions/christa-schweng-il-est-temps-de-faire-remonter-des-propositions-du-terrain-et-de-les-transposer-au-niveau-europeen/

https://www.courrierinternational.com/article/initiative-un-nouvel-erasmus-pour-les-jeunes-sans-emploi-ni-formation

https://www.euroappmobility.eu/fr/article/etats-g%C3%A9n%C3%A9raux-de-la-mobilit%C3%A907969b00

Picture credits: Male,And,Female,Students,Work,On,Car,Engine,Block,On [Shutterstock/Monkey Business Images]

Spring School du Réseau International Cité des Métier – des espaces du 3ème type pour un futur plus désirable

English below

L’équipe de notre projet Places-3T a participé à la Spring School 2021 du réseau Cité des Métiers « Comment les Cités des métiers répondent aux enjeux européens de l’orientation professionnelle ? » lors d’un workshop le 4 juin dédié aux « espaces du 3ème type », de type tiers lieux, espaces qui se construisent en dehors de la sphère privée sans être exclusivement dans la sphère professionnelle, lieux d’hybridation et d’échanges entre de multiples acteurs et préoccupations.

Trois membres du projet ont animé cet atelier, Pierre Pevée pour Smart, Sanjin Plakalo pour POUR LA SOLIDARITE -PLS et Liliane Esnault pour le FREREF. Ils ont présenté le projet Places-3T, ainsi que l’espace LaVallée, tiers-lieu animé par SMART, et l’une des activités du dispositif 100% jeunes qui s’y déroule, animée par PLS.

Les espaces du 3ème type permettent de développer de nouvelles manières d’apprendre, de créer, de fabriquer de la valeur, en prenant en compte de nouveaux critères de réussite : développement de la confiance en soi et dans les autres, dans l’avenir ; respect des personnes et de la planète ; valorisation des habiletés acquises auparavant et de celles développées dans la coopération et la collaboration ; valorisation de la pensée créative (« flip thinking ») etc. Ce sont des espaces d’expression des envies pour modifier durablement le rapport au futur, soutenir des visions sociétales plus optimistes, plus inclusives, et plus égalitaires.

L’innovation réside dans la manière dont ils se créent et fonctionnent, les relations entre les personnes, le mixage des préoccupations : pas de séparations entre travail ; apprentissage ; création; personnel et collectif ; contenu et méthode, mais une complémentarité permanente.

Les membres du projet Places-3T se sont donc donné pour objectifs :

  • d’étudier, mettre en valeur et rendre pérennes ces espaces collaboratifs dits de « 3ème type » ;
  • de recenser les facteurs clefs de succès ;
  • de mettre en place des modèles, démarches, outils pour accompagner les créateurs d’espaces du 3ème type et leur permettre de s’auto-évaluer ou d’évaluer des pairs ;
  • hybrider les connaissances et mixer les cultures des différents espaces rencontrés au cours du projet ;
  • apprécier, reconnaître et valoriser les compétences complexes ;

Pour mener à bien son projet, l’équipe a déjà sous la main quelques tiers-lieux animé par les partenaires du projet, comme l’espace LaVallée animé par SMART, qui accueille des résidences d’artistes, des événements artistiques et culturels comme des concerts et des festivals. Le lieu dispose également de salle de co-working, d’ateliers, et héberge des artisans et des artistes qui font fonctionner l’économie locale. Les dynamiques du lieu créent des réseaux d’entraide et de connaissances entre les différents acteurs du tiers -lieux et entre les différentes professions qui s’y trouvent. LaVallée agit comme un lieu facilitateur d’activité, qui apporte de la stabilité aux entrepreneur∙se∙s indépendant∙e∙s et artisan∙e∙s tout juste lancé∙e∙s.

LaVallée accueille également des activités sociales, comme le dispositif 100% jeunes dédié aux jeunes « NEETS » ni en emploi, ni en étude, ni en formation, éloigné∙e∙s de l’emploi. Ce dispositif d’accompagnement individuel et collectif de six mois, gratuit et ouvert à tout.e.s les bruxellois.e.s NEET de 18 à 29 ans. Coordonné par Pour La Solidarité, think and do tank bruxellois indépendant engagé en faveur d’une Europe solidaire et durable, le parcours est suivi par une équipe d’acteurs multidisciplinaire qui mettent leur intelligence collective au service du projet de chaque jeune.

English

The Spring School workshop of the Réseau International Cité des Métiers:

Third-type spaces to jointly create a more desirable future – June 2021

The team for our Places-3T project participated in Sping School 2021 (online) of the Réseau International Cité des Métiers on July 4, 2021, in a workshop dedicated to “third-type spaces”, like third places, spaces built outside the private sphere without being exclusively part of the professional one, hybrid places for exchanges between multiple actors and interests.

Three members of the project hosted the workshop, Pierre Pevée from Smart, Sanjin Plakalo from POUR LA SOLIDARITÉ (PLS) and Liliane Esnault from FREREF. They introduced the project and the LaVallée space, the third place hosted by SMART, and one of the activities of the 100% young system which takes place there, hosted by PLS.

Third-type spaces make it possible to develop new ways to learn, create, build values, taking into account the new success criteria: development of trust in oneself and others, in the future; respect for people and the planet; valuing skills acquired previously and those developed in cooperation and collaboration; valuing flip thinking, etc. These are spaces to express the will to make lasting changes in the relationship with the future, support more optimistic, inclusive and egalitarian societal visions.

Innovation lies in the way relationships between people are created and work, as well as the mix of their concerns: no separation between work, learning, creation, personal and collective, content and method, but rather a permanent complementarity.

The members of the Places-3T project have therefore set themselves the following goals:

  • To study, enhance and make sustainable these so-called “third type” collaborative spaces;
  • To identify the key factors for success;
  • To set models, approaches, and tools to support creators of third-type spaces and allow them to self-assess or peer-assess;
  • To make hybrid acquaintances and mix cultures from different spaces that meet along the project;
  • To appreciate, recognise and value the complex competences.

To properly carry out the project, the team already has on hand some third places hosted by the project partners, such as the LaVallée space, hosted by SMART, which includes residences for artists, and hosts artistic and cultural events like concerts and festivals. The place also has a coworking room, workshops, and accommodation for artisans and artists who make the local economy flow. The dynamics of the place create a network of support and acquaintances between the different actors from of third place, and between the different professions that meet there. LaVallée acts as a place that facilitates activity, which offers stability to independent entrepreneurs and artisans who just started their business.

LaVallée hosts social activities as well, such as the 100% young program dedicated to young “NEETS”, not in education, employment, or training, for whom access to employment is particularly difficult. This six-month individual and collective support system is free and open to all NEETS from Brussels aged between 18 and 28. Coordinated by Pour La Solidarité, independent think and do tanks from Brussels have committed to a lasting and solidary Europe. Its development is followed by a team of multidisciplinary actors who put their collective intelligence at the service of each youngster.

A quick brainstorming then allowed participants to help describe what the ideal third-type space would be for them. The next drawing shows the ideal third place according to the participants:

"Les Régions en action pour le LLL"