Quels impact de la pandémie sur les systèmes éducatifs en Europe ?

français

Mesures diverses selon les pays et les établissements

Des mesures très différentes ont été adoptées dans les différents pays européens pour lutter contre la propagation du Covid-19, dues en partie à la moindre propagation du virus dans certaines régions, mais également à des choix politiques. L’Italie, qui a été fortement touchée par l’épidémie, a décidé de fermer totalement ses écoles qui ne rouvriront qu’en septembre prochain selon les prévisions actuelles. Au contraire en Islande les écoles primaires sont restées ouvertes et les lycées et universités ont rouvert leurs portes le 4 mai.

En France la reprise des cours n’est pas obligatoire, et le gouvernement laisse beaucoup d’autonomie aux établissements pour organiser la reprise selon leurs capacités. La plupart des écoles du Grand Lyon ont par exemple opté pour une rotation dans les classes, avec des élèves présent∙e∙s seulement deux jours par semaine dans l’établissement. Les épreuves du baccalauréat ont également été remplacées par une évaluation en contrôle continu. Les élèves françai∙e∙s n’auront donc pas à se déplacer pour leur diplôme, à la différence des élèves italien∙ne∙s qui devront tout de même être présent∙e∙s pour une épreuve orale d’une heure. Dans tous les cas, les établissements scolaires devront mettre en place des protocoles sanitaires et adapter le format des cours à la nécessaire distanciation sociale.

Les parents ont également dû faire preuve d’adaptation et d’innovation pour permettre aux enfants de poursuivre leur apprentissage : vous pouvez lire le témoignage d’un père de famille anglaise qui a vécu le confinement en Italie avec ses trois enfants qui a dû user de créativité pour diriger leur éducation à la maison, relayé par le journal The Guardian.

Un inégal accès au digital

L’on peut voir dans l’index ci-dessous que tous les pays européens ne sont pas égaux dans la digitalisation de leur société. L’index prend en compte la connectivité, le capital humain dédié aux services digitaux, l’utilisation des services internet, l’intégration des technologies digitales et la digitalisation des services publics. On trouve en tête du classement les pays nordiques, puis le Royaume-Uni, la Belgique et l’Espagne, qui sont au-dessus de la moyenne européenne, puis la France, le Portugal, l’Italie et en fin de classement la Roumanie et la Bulgarie.

Au-delà de l’index de digitalisation, il faut se pencher sur la répartition, parfois inégale, de ces services digitaux. En effet le nécessaire apprentissage à distance et en ligne peut se révéler inadapté pour les élèves en décrochage scolaire et celles et ceux n’ayant pas accès au matériel informatique ou à une bonne connexion internet à la maison. Les élèves les moins favorisés risquent également de ne pas bénéficier de la « continuité pédagogique » espérer par les gouvernements. Dans le Grand Lyon, les établissements des quartiers et communes populaires craignent un décrochage scolaire massif, selon cet article de Médiacités– Lyon: « l’absentéisme s’annonce bien plus élevé dans les réseaux d’éducation prioritaire (REP et REP+). »

L’ONG Human Rights Watch alerte également sur les conséquences néfastes de la fermeture des écoles pour les élèves en risque d’exclusion ou de décrochage, et celles et ceux qui dépendent des services comme la cantine et les prestations de santé liés aux écoles (près de la moitié des élèves dans le monde dépendent des cantines pour avoir un repas par jour selon l’ONG).

Protection des données et droits de l’enfant

Un autre sujet sensible relatif à l’apprentissage en ligne est la protection des données que récoltent les différentes application utilisées par les équipes pédagogiques, les élèves et leur parents. En effet les listes de technologies éducatives partagée par l’UNESCO et le gouvernement italien entre autres ont été critiquées sur ces aspects, alors qu’en parallèle les technologies collaboratives et libres de droit ont parfois connu des surcharges.

Initiatives de solidarité et innovations face à la crise

Cette crise est donc révélatrice des inégalités au sein des pays dans l’accès aux technologies digitales et du besoin de développer des outils pédagogiques accessibles et libre pour l’ensemble des élèves, tout en garantissant les droits fondamentaux et les droits de l’enfants notamment en terme de protection des données, d’accès aux services publics et à internet. De nombreuses perspectives positives ont vu le jour pour faire face à cette situation, que ce soit des initiatives de solidarité ou bien l’élaboration de nouvelles pratiques pédagogiques. Des ONG comme l’UNICEF ont entre autre crée une plateforme en ligne pour aider les élèves migrant∙e∙s et réfugié∙e∙s ainsi que des programme de soutien scolaire dans les camps de réfugiés (pour en lire davantage sur le sujet, lisez notre article précédent sur la situation des enfants migrant∙e∙s et réfugié∙e∙s en Europe).

English

What impact of the pandemic on educational systems in Europe ?

Various measures depending on countries and institutions

Very different measures have been adopted in the European countries to fight against Covid-19. This differences are notably due to a reduced propagation of the virus in some regions, but also to different political choices. Italy, which has been strongly impacted by the pandemic, decided to close all schools, which are supposed to re-open only in September. At the contrary in Island, primary schools remained open and institutions of the secondary education re-opened on May 4th.

In France, pupils are not obliged to go back to school, and the government let autonomy to schools to organise the re-opening depending on the establishment capacities. In the Lyon area (Rhone – France), most of schools decided to adopt class rotations, with pupils present in the classrooms only 2 days per week. The Baccalauréat test have been removed and replaced by continuous evaluation, while in Italy pupils still have to attend an oral test. Despite this differences, all establishments have adapted their way to teach class with regard to social distancing and implement strict sanitary protocols.

Parents also had to adapt and innovate to enable children to pursue their learning. You can read here the testimony of an English father living in Italy with his three children, who had to use his creativity to manage his kids’ education at home (from the Guardian).

An unequal access to digital services

We can see in the index below that all European countries are not equal in the digitalisation of their societies. The index takes into account connectivity, human capital, the use of internet services, the integration of digital technology and existence of digital public services. We find at the top of the rating the Nordic countries, then the UK, Belgium, Spain, which are above the European average, and then France, Portugal, Italy and at the end Romania and Bulgaria.

Beyond the index of digitalisation, we should consider the unequal repartition of this digital services. Online and distance learning could be not adapted for pupils with difficulties and those without access to informatic devices and internet connexion at home. The less fortunate pupils have also a risk not to benefit from the “continuous pedagogy” expected by governments. In the Lyon area, schools from popular districts fear a massive dropout, according to this article from Médiacités – Lyon : “absenteeism is higher in priority education networks.”

The NGO Human Rights Watch warns about the detrimental consequences of school closure for children at risk of dropout or exclusion, and also for pupils depending on school services such as health services and canteen (half pupils in the world are depending on school’s canteen for their daily lunch according to the ONG).

Data protection and children’s rights

Another sensible topic related to online learning is the protection of data recording in the different pedagogical softwares used by teachers, pupils and parents. Indeed, lists of educational technologies recommended by the Italian government or UNESCO for instance, have been criticised on safety and privacy aspects, whereas open collaborative resources have sometimes known some user overload.

Solidarity initiatives and innovations to face the crisis

This crisis is revealing inequalities between and within countries regarding access to digital technologies, and the need to develop accessible pedagogical tools for every children, while respecting fundamental rights of children in terms of data protection and access to public services and internet. Numerous positive initiatives have raised to face this situation, such as solidarity programme or the elaboration of new innovative pedagogical practices. NGOs like UNICEF have notably created an online platform to help refugee and migrant children, as well as a school support programme in refugee camps (you can further read on this topic with our article about the situation of refugee and migrant children in Europe).

Sources :

Agence France Presse

Médiacités – Lyon

The Gardian

https://www.theguardian.com/education/2020/apr/24/italy-home-schooling-coronavirus-lockdown-what-weve-learned

UNICEF

Human Rights Watch

https://reliefweb.int/sites/reliefweb.int/files/resources/COVID-19%20and%20Children%E2%80%99s%20Rights.pdf

https://tbinternet.ohchr.org/Treaties/CRC/Shared%20Documents/1_Global/INT_CRC_STA_9095_E.pdf

https://www.seainclusion.co.uk/post/the-many-problems-of-returning-to-school

https://telanganatoday.com/online-learning-and-the-marginalised

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